Concours Hikari
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MessageSujet: Concours Hikari Lun 25 Avr - 13:25




♣ Prologue : Notes du Dr. Haruka

Il existe des questions auxquelles les hybrides n'ont jamais su répondre, c'est un fait. Cependant, nous autres êtres mi-humain, mi-animaux, possédons les capacités intellectuelles nécessaires à émettre des hypothèses. Si jamais l'on vous posait la question : "Qui de l'œuf ou de la poule, fut le premier ?", vous détiendrez certainement un avis bien tranché et serait apte, à me répondre. Pourtant, ce n'est pas interrogation facile. Certains pourraient vous dire que c'est l'œuf le premier. En effet, aucun animal ne peut apparaître spontanément sur terre, sous sa forme adulte. C'est un fait. Pourtant, l'œuf ne peut être produit que par la poule, c'est un autre fait. Ainsi, qui aurait pondu cet œuf ? Certainement pas une poule puisqu'il n'en existait encore pas ! C'est pourquoi, d'autre auraient l'envie de répondre que c'est la poule la première. En effet, seule une poule ne peut pondre un œuf de poule, c'est un fait. Pourtant, la poule ne peut pondre un œuf que si le coq la féconde, sans quoi l'œuf n'est bon que pour l'omelette, c'est un autre fait. Ainsi d'où viendrait le coq ? Il est assez facile de tourner en rond longuement, tandis qu'il existe une réponse simple et scientifiquement correcte, c'est à dire parfaite. Mais je ne préfère pas vous l'exposer maintenant car je sens que je vous ai déjà perdu. Vous devez certainement être en train de faire autre chose et de ne plus lire ces lignes. Si par contre quelque courageux sont parvenus sans encombre jusqu'ici, je les félicite chaleureusement, car c'est dans un instant qu'un incroyable récit va débuter. À l'heure où je vous parle, je connais déjà cette histoire, mais je n'en serais pas le narrateur. Je vais laisser ma place à une personne moins ennuyante dans son écriture, que moi et mes vieilles considérations scientifiques. Il s'agit de Shun Lazuli, jeune écrivain et journaliste, celui qui m'a fait sortir de mon silence. Je prie pour que sa plume vous enchante, car ce serait dommage de gâcher une aventure au si bon potentiel. Enfin bref, trêve de circonvolutions inopportunes, il est l'heure d'entrer dans le monde merveilleux de la magie et de l'inexactitude scientifique.

♣ Chapitre I : Apparition

De doux rayons de lumière venaient illuminer la flore de la praire Misa. Lentement, les fleurs se réveillaient, sortant de leur torpeur nocturne en s'étirant longuement. Leurs pétales se rougissaient sous la caresse du soleil levant. Une brise fine rafraîchissait l'atmosphère et chassait les nuages du ciel. La voute céleste s'était parée de milles couleurs, si bien qu'il était impossible de les voir toute à la fois.
C'est beau, un lever de soleil, pensa Assym.

Il l'observait depuis maintenant une heure, debout au milieu des fleurs. Il passa une main dans ses cheveux d'or et soupira longuement. Le courage lui faisait défaut. Il avait... un peu le trac. Non, plutôt une sorte d'anxiété. Pas de la peur évidemment, c'était un grand garçon. Si douze ans faisaient de lui un grand garçon. Il posa une main sur son cœur et baissa son visage vers l'horizon. Là-haut, derrière cette grosse colline, un chemin le mènerait vers sa destination. Ses pieds s’activèrent presque mécaniquement, il ne se sentit pas marcher. En vérité, l'élu de son cœur se trouvait là-bas. Heureusement d'ailleurs, car sans cette coïncidence, jamais cet événement extraordinaire n'aurait pu avoir lieu. Le jeune garçon avançait lentement, en tremblant un peu. Ce n'est jamais facile d'avouer à une personne ses sentiments. Encore moins lorsque cette personne se nomme Duncan et passe pour le plus bel Apollon de son école. Deux hybrides, dont les routes ne devaient jamais de croiser, se rencontrèrent par pur hasard et débuta alors une amitié exceptionnelle. Mais l'histoire qui lie ces deux êtres importe peu, puisque l'incident vital qui déclenchera un bouleversement dans le monde approche. Sur son chemin, il trébucha sur une racine anarchique et s'étala au sol. Encore surpris, il resta un court instant par terre, suffisamment pour déceler a travers les fleurs une forme ronde et colorée. Il rampa jusqu'à elle et l'attrapa. Il découvrit un objet étrange, de taille moyenne et de forme ovale, qui ne semblait pas peser bien lourd. Mais une toute autre chose émerveilla sa frimousse blonde. L'objet était décoré d’arabesques roses et mauves splendides, et des touches pastelles parsemaient le contour, entre les lignes colorées. Un étrange halo doré entourait ce que le petit garçon tenait entre ses mains, si bien qu'il n'osa même plus bouger. Qu'était-ce donc ?

L'enfant accourut chez son ami et l'œuf devint le centre de l'attention. Tellement que le petit Assym put manger et rester dormir chez son amoureux, sans avoir à le demander de lui même. Duncan passa la nuit à jouer à la console avec le petit blondinet. Les parents prirent la décision d'emmener cette apparition particulière au centre de recherche d'Hikari, hautement réputé. Mais déjà, il avait apporté le bonheur autour de lui, en donnant une chance à un petit garçon. Chance qui se révélera merveilleuse opportunité...

♣ Chapitre II : Agitation

Les scientifiques restèrent de longues minutes à observer ce curieux objet. Les trois plus grand spécialistes de la région avait été dépêché pour mener les recherches. Haruka, chercheur à l'Institut de biologique d'Hikari, se risqua a soulever l'objet de ses mains gantés.

♦ Pas très lourd. Je ne dirais pas plus de deux cent grammes.


Mikaze afficha une moue indécise et se pencha.

♦ C'est étrange tout de même. Le ratio taille-poids ne correspond pas.

Inotsuka croisa ses bras sur sa poitrine et claqua du pied.

♦ Ce qui me choque le plus, c'est cette lumière. D'où  provient-elle ?

Les trois blouses blanches se tournèrent les unes vers les autres, et trois paires d'épaules se soulevèrent en rythme. Il fallait faire des tests avant de formuler quelconque théorie ou hypothèse. Le travail fut rapidement réparti entre eux. Haruka étudierait la forme, la taille et le poids de l'objet. Mikaze s'intéresserait a sa composition, en prélevant un peu de matière. Enfin, Inotsuka utiliserait un scanner pour en percevoir le contenu potentiel.
La journée se termina par la rédaction des protocoles et des  démarches expérimentales, ainsi que du journal de bord, corvée remise au docteur Haruka.

Le soir en rentrant chez lui, le docteur posa ses affaires sur la table du salon et sortit de son armoire des tranches de pain blanc et du pâté. Alors qu'il s'en délectait, et que sa télévision démodée affichait non sans peine un débat purement scientifique, un petit cognement répétitif à la vitre de son logement le tira de sa tranquillité. En allant voir, il découvrit son vieux chat, Mistigri, disparu depuis presque deux mois, qui frappait de sa patte grisâtre le carreau de la fenêtre. Le docteur, fou de joie, ouvrit grand la vitre et serra son animal de compagnie fort dans ses bras. Heureux, il le porta jusqu'au canapé et le gava de friandises toute la soirée.

En à peine une nuit, la rumeur de la découverte d'un objet extraordinaire fit le tour du pays. Les journalistes s'acharnèrent toute la nuit à recroiser les témoignages et les informations déjà connues du public et le lendemain, le gros titre du journal d'Hikari appatait les citoyens à se renseigner sur la nouvelle.

♣ Chapitre III : Expérimentation

Mikaze descendit de son train, et traversa la gare Ryokou à la recherche d'un taxi. Il en trouva un rapidement et embarqua pour l'Institut. Une fois sur place, il passa a travers une foule de journalistes complètement dingues, en répétant des "pas de commentaires", comme un refrain entêtant, à tout bout de champ. Il fonça au vestiaire et se dévêtit. Il enfila son attirail de spécialiste en se pressant et en dissimulant ses oreilles de chat noir dans un bonnet médical puis rejoignit ses deux confrères.

♦ Bonjour. Il y a foule dehors, c'est invivable !

♦ Bonjour professeur Mikaze. Oui c'est une véritable horreur, mais ils finiront bien par s'en lasser...
♦ Restons concentrés je vous prie, il faut commencer les expériences.
♦ Plus vite nous aurons terminé, plus vite nous pourrons calmer la population et les médias.
♦ J'approuve, au travail !

Les trois chercheurs se lancèrent dans une longue matinée d'expérimentation laborieuse, en donnant le maximum d'eux même pour réaliser les gestes scientifiques correctement. On entendit bientôt le ronronnement grave des machines du laboratoire, puis des pressements de feuilles. Des chiffres de tous genres envahissaient les carnets des spécialistes, ainsi que quelques phrases, malheureusement indéchiffrable. La doctoresse Inotsuka entama de nombreux allés-retour entre la salle des scanners et la sortir, laissant dans l'air un sentiment inexplicable de malaise. Lorsque l'heure de déjeuner sonna, les trois professionnels troquèrent leur bureau d'étude pour la cafétéria. Tandis que Mikaze buvait un verre de lait frais, et qu'Haruka se délectait de croquette de pomme de terre, Inotsuka restait muette.

♦ Eh bien ? Mange avant que cela ne refroidisse...

Inotsuka leva vers lui un regard suppliant. Elle ne se sentait pas dans son assiette. Malgré les évènements joyeux de la veille, son visage se perdait dans réflexions certainement profondes. Ce fut Haruka, qui dans son professionnalisme légendaire, la ramena à la raison.

♦ Pourquoi ne pas partager nos résultats maintenant ? Puisque nous somme réunis, c'est l'occasion.

Comme toute réponse, le professeur Mikaze s'essuya les lèvres avec sa serviette et la spécialiste Inotsuka remua sa mâchoire en grignotant rapidement une cacahuète.

♦ Très bien, je commence ! L'objet pèse donc exactement quatre-vingt grammes et mesure six centimètres. Sa forme est parfaitement ovale et légèrement pointu sur un des bords.

Inotsuka baissa la tête tandis que Mikaze s'apprêtait à prendre la parole.

♦ La composition chimique de l'objet est...inattendue. J'ai trouvé une teneur majoritaire de carbonate de calcium et de molécules organiques. Je penche pour une composition biominéral.

La spécialiste voulut se rendre minuscule, ses joues se colorant ardemment, tandis que ses collègues l'observait avec étonnement.

♦ Et bien madame ?

Inotsuka marqua un temps d'arrêt et en profita pour se rasseoir correctement sur sa chaise. Elle joignit ses mains et prit une grande inspiration.

♦ À en juger par les informations que vous venez de m'énoncer, et par ma propre découverte, je crois qu'il est possible d'affirmer...

Le docteur Haruka sautillait d'impatience sur sa chaise.

♦ Alors ? Continuez je vous prie !

♦ Que se passe-t-il ? Pourquoi cet air grave ?

La spécialiste scruta le regard inquiet des deux professionnels, mais tarda à répondre.

♦ Le scanner révèle la présence d'un objet inconnu, émettant une chaleur non négligeable et...,elle marqua une pause, qui semble posséder une constitution osseuse.

Mikaze faillit tomber de sa chaise.

♦ C'est...
♦ C'est...
♦ Oui, c'est bel et bien un œuf !

L'après midi fut mouvementée pour les trois pauvres scientifiques. Ils furent dans l'obligation de participer à une interminable conférence de presse, dans le but de nourrir la faim dévorante des médias et de la population.  Inotsuka présenta l'œuf aux journalistes, sans les laisser y toucher bien entendu et l'annonce qu'ils firent déclencha une cacophonie insupportable dans la salle.

Dès lors, le net satura de théorie les plus loufoques les unes que les autres. Certains allaient même jusqu'à dire que cet œuf, était en vérité un œuf extraterrestre, envoyé sur Terre comme point de départ d'une colonisation future par les petits bonhommes verts.

Loin de ce monde connecté, la spécialiste Inotsuka restait perdue entre les lignes de son roman à l'eau de rose qu'elle connaissait désormais par cœur. Elle lisait, paisiblement allongée sur son canapé, vêtue d'une nuisette rose assortie à la couleur auburn du pelage de sa queue.
Soudain, tandis que le héros principal embrassait enfin l'héroïne, la sonnette retentit. La jeune femme se para en toute vitesse d'une robe de chambre blanche et accourut à la porte d'entrée pour ouvrir. Elle tomba nez à nez avec son ancien partenaire, qui l'avait quitté en début de semaine, à cause d'une querelle amoureuse. Il tendit vers elle un bouquet de rose fraiche, un sourire maladroit aux lèvres. Inotsuka voulut d'abord refermer la porte, mais elle considéra cet acte comme un signe du destin et consentit à le laisser entrer. Sage décision, car les deux amants se réconcilièrent après une longue nuit blanche de discussion.

♣ Chapitre IV : Éclosion

Inotsuka, quoiqu'un peu les pensées dans un brouillard opaque à cause de la fatigue, arriva guillerette au laboratoire. Elle se joignit à ses confrères en enfilant ses gants bleus pour manipuler sur la paillasse. Mais elle trouva ses collaborateurs penchés sur l'œuf en silence, scrutant l'objet étrange de leurs yeux ronds.

♦ Messieurs ?

Mikaze lui fit signe de se taire en plaçant un doigt sur sa bouche et l'invita à se rapprocher. L'oeuf vibrait légèrement. Pas une vibration a cause des travaux pour le réaménagement de la salle attenante, non, une vibration interne. L'œuf remuait dans tous les sens.

♦ Il fait cela depuis ce matin.

Haruka gratta ses courtes oreilles brunes et Mikaze se risqua à effleurer l'oeuf du bout de son index. Une vibration plus brutale que les autres fit reculer les scientifiques d'un seul bond. Puis un fin craquement se fit entendre. Puis un autre, et encore un autre. D'un seul coup, un petit bout de coquille fut propulsé en l'air et une petite patte rose surgit de l'intérieur. Le même phénomène se produisit de l'autre côté, et une patte mauve se glissa à l'extérieur. Puis au fur et à mesure apparurent deux autres pattes rose et mauve, puis deux oreilles, l'une blanche, l'autre noir, et enfin, le museau jaunâtre de ce qui se révéla être un minuscule lapereau aveugle.

Les trois professionnels n'en crurent pas leurs yeux. Depuis quand les lapins naissait dans des œufs ? En quatrième vitesse, ils improvisèrent, à l'aide de couverture et d'une petite lampe, une couveuse pour y abriter le nourrisson. Tout trois échangèrent des regards stupéfaits et reposèrent leurs yeux sur ce petit être qui venait de s'endormir, emmitouflé bien au chaud sous les couvertures.

La journée fut laborieuse. Les trois scientifiques surveillèrent tour à tour l'animal, pendant que les deux autres se chargeaient de faire des mesures, des photographies ou bien même retranscrire leurs conclusions dans le carnet de bord. Le lapereau était en parfaite santé, et correspondait tout à fait un ce qu'un semblable de son espèce pouvait ressembler. À part sa couleur, ou plutôt ses couleurs. Car le pelage du petit lapin arborait les sept couleurs de l'arc en ciel. Et selon l'inclinaison du faisceau lumineux, d'autres teintes coloraient ses poils presque invisibles.
"Le lapereau, de caractéristiques normales, n'est pas né nu, mais avec une robe multicolore" consigna même le si précis docteur Haruka dans le livre de bord de l'équipe.

Mikaze resta jusqu'à la fermeture des portes et du se résoudre à quitter l'Institut, sous les coups de balais du concierge et de la femme de ménage. Il reprit le taxi jusqu'à la gare, passant devant le majestueux aquarium Mabuyui et  l'hôpital Genki. Il composta son ticket puis laissa sa tête tomber contre la vitre en observant le paysage défiler folle allure. Il ne lui fallut que dix minutes de marche pour retrouver sa maison de campagne et son fidèle Jugika, un monstrueux berger allemand qui gardait la maison des visiteurs indésirables. En entrant, sa femme l'accueillit en se jetant dans ses bras. Des larmes de joies dévalaient ses joues creusées par la fatigue et sa voix cristalline hurlait de bonheur. Elle était enceinte. Mikaze fondit en larmes à son tour, il allait enfin être papa,  après plus de deux ans d’échecs répétés. Tous deux fêtèrent l’événement en dinant au restaurant le plus cher des environs.

La nouvelle annoncée par les scientifiques avait  bouleversé le monde médiatique. Personne ne parvenait à croire à une telle possibilité. Internet flambait et les théories s’affirmaient de plus en plus, si bien que la presse étrangère commença à s’intéresser à cette découverte. Déjà, les regards du monde entier se braquaient en direction de l’archipel d’Hikari.

♣ Chapitre V : Disparition

Haruka se réveilla tôt, au lever du jour exactement. Il remplit la gamelle de Mistigri lentement, et s’habilla. Il n’avait pu trouver le sommeil, car cette histoire de lapereau le travaillait. Il se prépara en toute lenteur, sous les grésillements de l’antiquité qui lui servait de radio, puis monta dans sa voiture. Il arriva à l’Institut en même temps que les rayons de soleil arrivèrent sur la ville. Le concierge ouvrait à peine, il fut bien étonné de voir le docteur lui demander à entrer. En pénétrant dans le laboratoire, Haruka retourna observer la couveuse. Il souleva doucement le couvercle de verre, qui isolait le lapereau de l’agitation extérieure et s’immobilisa. Le nouveau-né avait disparu !
Il courut comme un dingue à travers le laboratoire, le fouillant de fond en comble et cherchant désespérément à retrouver le petit être. Il secoua la femme de ménage, le concierge et même le directeur, en les accusant d’avoir manqué de vigilance. Il fit surveiller les sorties.

Lorsque Mikaze débarqua au centre, il trouva un lieu en proie à une confusion spectaculaire. Il dut montrer sa carte de pratiquant pour entrer, puis s'informa auprès du secrétariat de la situation. Il  conserva son sang froid. Il retrouva Haruka, confus, et lui conseilla de visionner les caméras de surveillance. Le voleur ne pouvait pas avoir quitté le bâtiment; connaître son visage permettrait de le retrouver plus facilement. Mais les images ne montrèrent qu'une forme encapuchonnée, soulevant le couvercle de la couveuse et cachant le lapereau dans une couverture. Qui avait osé commettre un tel crime ?
Inotsuka arriva en retard et fit irruption dans la salle. Elle tenait trois lampes de poche entre ses doigts fins et les lança vers ses collègues.

♦ À nous de trouver ce voleur !

La joie enfantine qui l'animait enchantait son visage. Elle semblait vraiment heureuse de participer à ce genre d'aventure.

Les trois professionnels s'accordèrent sur les salles à explorer. Seules trois salles n'étaient pas surveillées par caméras. Haruka s'occuperait de la réserve des produits, Inotsuka chercherait dans les vestiaires, et Mikaze surveillerait la salle des machines.

Haruka ouvrit la porte de la réserve et alluma la lumière. Mais l'ampoule clignota avant de céder en un claquement bruyant. Il se munit de sa lampe de poche et éclaira les rangées d’étagères débordantes de multitudes de produits. Une caisse se renversa et des tubes à essai remplis d'un liquide rosâtre se brisèrent au sol en milles éclats. Haruka se précipita dans l'allée parallèle, mais il ne trouva personne. Il entendit la porte claquer, et des pas de courses s'éloigner de la réserve.

♦ Mince, il était juste là !

Inotsuka entra dans les vestiaires des professionnels, où se changeaient les chercheurs avant de commencer leurs expériences au laboratoire. Elle ouvrit une à une chacune des portes des casiers, espérant trouver à l'intérieur le criminel. Elle ne tomba malheureusement que sur des vêtements et des affaires personnelles des scientifiques. Bien vite, il ne resta plus qu'un seul casier. En s'en approchant, la porte s'ouvrit violemment et la spécialiste fut repoussée en arrière.

♦ Mais qu'est ce que...

À peine le temps de réagir, une blouse blanche lui tomba dessus. Elle se débâtit et la jeta au loin. Trop tard... La silhouette s'était déjà volatilisée.

Mikaze, avertit de l'échec de ses deux collègues par téléphone, se mit sur ses gardes. Le voleur pouvait être malin, le professeur restait le meilleur à ce jeu. Il poussa doucement la porte de la salle des machines, ou s'articulaient les mécanismes des scanners et des hottes géantes. Sans bruit, il se glissa à l'intérieur et referma la porte à clé derrière lui. Sans échappatoires, la traque serait bien plus productive.

Il passa entre les câbles électriques et resta à bonne distance des panneaux de contrôles et de tous leurs boutons mystérieux. Une ombre fila sur le mur. Mikaze se retourna brusquement et s'approcha des mécanismes de l'analyseur ultra perfectionné, la machine la plus chère et la plus performante de tous l'Institut. Il n’y trouva rien d’autre que de l’air, et l’odeur si désagréable du bac à ordure chimique. Alors qu’il s’apprêtait à s’éloigner, un petit gémissement aigu, humain, attira son attention. Il braqua sa lampe de poche sur le béton et haussa le ton.

♦ Si vous êtes là, sortez immédiatement ! Cela ne sert à rien de vous cacher plus longtemps, les issus sont bouclées et la police ne va pas tarder à arriver.


La présence sembla l’écouter, et une ombre se détacha de derrière la montagne d’acier. Elle se déplaça lentement jusque devant lui. La silhouette encapuchonnée s’avança, puis d’un geste brusque fit basculer le professeur. Elle flotta à toute vitesse vers la sortie, mais trouva porte close. Elle essaya vainement de forcer la serrure, mais elle ne possédait pas la force requise pour ce genre d’effraction.

♦ N’essayez pas de vous enfuir, vous aggravez votre cas !


Ne pouvant fuir, l’ombre abandonna. Elle se retourna lentement vers Mikaze, qui se relevait, et sortit de sous sa veste, le petit lapereau multicolore qui bougeait de ses membres. Mais sa fourrure fine colorée ne le couvrait plus. Il était recouvert désormais d’une peau rosâtre, et ses membres, à bien y regarder, avait tout de membres humains. Le jeune homme voulut prendre dans ses bras le petit nourrisson, mais la silhouette lui en refusa le geste.

♦ C’est un être exceptionnel, ne devons le garder en sécurité, veuillez me le rendre immédiatement.

La porte s’ouvrit en un grand fracas derrière eux, laissant entrevoir les visages d’Haruka et d’Inotsuka, ainsi que de deux policiers. La silhouette était piégée, elle ne pouvait pas s’enfuir. Dans un geste lent, elle souleva son bras recouvert de tissus sombre et releva sa capuche, laissant entrevoir une partie de son visage. Les yeux de tous s’écarquillèrent.

♣ Chapitre VI : Révélations

Tous se retrouvèrent dans le laboratoire. La pièce baignait dans une forte lumière jaunâtre, et la température modérée contrastait avec l’air extérieur. Les trois professeurs et les deux policiers entouraient le fameux voleur. Ou bien…la voleuse. Car le visage qui les baissait les yeux de honte face à eux appartenait à une sublime jeune hybride. Deux oreilles, l’une rose et l’autre violette, surplombait sa frimousse rosée, où deux grandes prunelles vertes fuyaient les regards accusateurs des scientifiques. La demoiselle laissa glisser sa veste immense le long de ses bras. Au dessous, de simples bandelettes de lin recouvraient sa poitrine et son bassin. Mais ce qui fit presque basculer au sol le pauvre Haruka, ce fut les couleurs qui tapissaient sa peau. Des teintes roses, mauves, orange, bleues, vertes, jaunes, et grises étaient visibles sur toutes les parcelles de son épiderme.

Inotsuka avait beaucoup de mal à croire ce qu’elle voyait. Mikaze, quant à lui, se frottait le menton en réfléchissant. Puis soudainement, une voix douce et grave s’échappa des lèvres de la voleuse.

♦ Je suis la mère de cet enfant, je suppose que les couleurs de nos peaux en témoignent…

Elle releva son visage de pureté, et se redressa, si bien que son corps dégageait une forte aura de majesté. Elle renfila sa longue veste et déposa le lapereau dans la couveuse.

♦ Voyez-vous, je suis revenue chercher mon fils, en tant que mère, je me devais de le retrouver.


♦ Vous l’aviez abandonné ? Je veux dire, pourquoi ce lapin est-il sorti d’un œuf, et pourquoi cet œuf n’était-il pas en votre possession ?
Il haussa le ton, qu’est ce qui nous prouve que vous êtes bien la mère de cet enfant !

♦ Je suis d’accord, riposta le docteur, je demande des analyses, ou bien des preuves de votre bonne foie.

L’hybride multicolore soupira.

♦ Vous ne comprenez pas… Je ne puis rester ici plus longtemps, j’ai beaucoup de travail. J’ai déjà pris assez de retard à cause d’une seule seconde d’inattention.

♦ Pourtant, l’interrompit la spécialiste, je crains que nous ne pouvons pas vous laissez partir. Nous ne connaissons ni votre nom, ni votre origine, et ne savons pas si ce que vous dites est avérée ou non.

La voleuse regarda prestement sa montre, puis soupira à nouveau. Elle leva les yeux au ciel, puis les braqua sur ses juges.

♦ Apportez-moi un œuf de poule. Je serais en mesure de vous prouver qui je suis.


Le policier, sous les regards oppressants des scientifiques, s’exécuta. Il mit un long moment avant de revenir, car ne trouvant aucun œuf, il avait du l’acheter dans les rues commerçantes d’Hikari, chez un épicier. Il le tendit vers la voleuse et quitta le laboratoire, visiblement essoufflé. L’hybride multicolore s’en empara et referma ses deux mains dessus. Elle entrouvrit un peu ses paumes, puis souffla à l’intérieur de la cavité.  Un doux sifflement parcourut la salle, puis l’hybride ôta ses mains. L’œuf à la coquille beige, s’était paré de milles couleurs. Elle le tendit vers Mikaze, qui l’ouvrit devant elle.

♦ Du chocolat…c’est du chocolat !

Inotsuka attrapa un morceau de coquille et le porta à sa mâchoire. Ses yeux roulèrent de plaisir et elle s’exclama.

♦ Ce chocolat est tout simplement délicieux !

Les cinq protagonistes goutèrent tour à tour cette délicieuse friandise, puis se tournèrent à nouveau vers l’hybride.

♦ Je ne suis pas n’importe quel hybride vous savez… J’ai un rôle à jouer à Hikari. J’apporte le bonheur autour de moi, en offrant aux habitants le jour de Pâques, des œufs chocolatés, afin de leur donner le courage et la force de combattre leurs peines et faire naitre sur le visage des enfants un sourire pur et innocent. D’ailleurs, n’avez-vous pas remarqué des évènements joyeux autour de vous ? Puisque je suppose que vous avez touché mon petit.

Les trois collègues se jugèrent mutuellement et acquiescèrent ensemble. Haruka et Mistigri, Inotsuka et son partenaire, Mikaze et son futur enfant, tous vivaient dans le bonheur depuis l’arrivée de l’œuf mystérieux dans leur laboratoire. Ils mirent beaucoup de temps à accepter cette éventualité, mais ils durent se rendre à l’évidence : rien de cela n’était pur hasard.

♦ Nous sommes nombreux, et toute ma famille possède ce don, qui se transmet de génération en génération. Sans pouvoir l’expliquer, un simple contact avec notre peau offre la réalisation de la chose qui nous rendrait le plus heureux. C’est pourquoi je porte cette veste. C’est aussi pour ne pas me faire voir lorsque je dépose les œufs dans vos jardins.

Inotsuka n’en revenait pas. Elle n’était pas dans un de ses romans d’aventure fictif, elle vivait un évènement extraordinaire d’elle-même, pas par le biais de son imagination.

♦  Alors…
retrouvant son âme d’enfant, c’est vous qui cachez les œufs dans les buissons ?

L’hybride multicolore hocha de la tête.

♦ Et depuis quand faites vous cela ?

Cette fois, elle sembla compter dans sa tête, puis répondit.

♦ Cela fait longtemps que je travaille, mais ma mère travaillait avant moi. Encore avant, il y a ma grand-mère. Et sa mère. Et sa grand-mère… Je dirais donc depuis toujours.

Les trois confrères n’en crurent pas leurs oreilles. C’était si difficile à croire et à intégrer, pour leurs esprits purement cartésiens. Mais ils firent abstraction de tout l’irréel qui entourait cette affaire et finirent par croire l’hybride qui se tenait devant eux.

♦ Je m’excuse, mais le temps s’écoule tandis que nous parlons, j’ai du travail à faire. Je vais devoir vous laisser, mais j’aimerais tout d’abord que cette histoire restent entre nous je vous prie.


Les trois adultes, redevenus enfants le temps d’une journée, répétèrent l’un après l’autre un « promis » énergique et remplis d’une excitation enfantine. L’hybride les salua puis ouvrit, avec la clé des scientifiques, la fenêtre qui donnait sur l’extérieur. Elle posa ses deux pattes sur le rebord, et sauta. Lorsque Mikaze se pencha, elle s’était déjà volatilisée.

Les journalistes furent déçus d’apprendre que le lapereau était en vérité un simple lapereau avec un défaut génétique incroyable, enfermé dans un œuf. Certainement abandonné par un propriétaire  vicieux. L’animal avait été relâché dans la nature et il gambadait désormais parmi les siens. Malgré les nombreuses interviews que les scientifiques donnèrent à l’international, leur discours fut le même au mot près à chacune de leurs interventions.

Une semaine après l’évènement, alors que les esprits s’apaisaient, les trois professionnels trouvèrent devant leur porte d’entrée, un panier en osier garni de paille et d’œufs multicolores. Le docteur Haruka acheva le carnet de bord, en notant cette phrase, qu’il n’aurait jamais cru noter un jour dans sa vie : « C’est ainsi que mes conclusions étaient erronées. L’œuf était en vérité, l’œuf de la lapine de Pâques ». Et cela rappela à nos trois esprits purement mathématiques, que le bonheur était une histoire de coïncidences, et non de fait.

(c) Serfy


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