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 It’s all winter here, even in August. Is it true ? - Eden Sylwette

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MessageSujet: It’s all winter here, even in August. Is it true ? - Eden Sylwette   Dim 19 Mar - 19:13



Ismaël H. Sylwette


NOM Ϟ Sylwette

PRENOMS Ϟ Ismaël Haneul

AGE Ϟ Vingt-et-un an

Nationalité Ϟ Australo-coréen

Orientation Ϟ Aromantique / Asexuel

Situation amoureuse Ϟ Célibataire

Groupe Ϟ Humain

Penchant Ϟ Bien

Raison de la venue Ϟ Je suis voué à répandre le malheur autour de moi, alors ma place en cette ville est peut-être un moyen de m'empêcher de détruire ceux que j'aime ?




Like a fiction :

- Calme de nature, joyeux, ultra-sociable et ouvert à la discussion
- Ouverture d'esprit remarquable et qualifiée parfois d'extrême
- Doux comme la brise, comme la caresse de l'écume contre la peau
- Rêveur parfois perdu dans ses songes, enclin à la recréation, à la fantaisie
- Soucieux de son apparence, et de l'image qu'il renvoie de lui, use de beaucoup de produits de beauté - toujours bio et respectueux de l'environnement -.
- S'adapte facilement
- Terre à terre, réaliste, mais sensible au monde qui l'entoure et la beauté dont il sait faire preuve

In the real life :

- Parfois trop rêveur, si bien que son imagination peut lui jouer des tours et causer sa déception et sa frustration
- Ne supporte pas d'être éloigné trop longtemps de ceux qu'il aime
- Éponge à sentiments et expressions. Inconsciemment, pique les habitudes des autres, et ressent facilement les émotions des autres.  
- Aquaphobe, une peur bleue de l'eau si bien que ne serait-ce que toucher de l'eau est une véritable agonie.
- Aime montrer son affection aux gens qu'il apprécie
- Fuit les responsabilités comme la peste, ne s'engage jamais dans quoi que ce soit, même peu important

What is love :

- Aime les fleurs en général, mais n'aime pas en posséder. Juste les observer, et admirer les milles couleurs de leurs pétales.
- Passion pour certains insectes qui volent, notamment les libellules et les papillons
- Enfance au soleil, faiblesse face au gel, Eden n'aime pas le froid
- Eden aime profondément sa famille et ses parents
- N'aime pas trop s'attacher aux gens et enraciner des relations
- Adore circuler pieds nus, et déteste les chaussures, qui étouffent ses pieds

« How much longer do I have to wait ? »


Birth :

-Père étudiant australien / Mère jeune chef d'entreprise coréenne
-Mère et Père se rendent en Indonésie, escale à Singapour où ils prennent le même avion. Assis à côté par erreur, coup de foudre, ils ne se quittent plus.
- Décident de vivre à moitié dans chaque pays, rencontre entre les parents atypiques, choc des cultures, découverte des traditions
- Ont un enfant, Eden, qui obtient exceptionnellement la double nationalité, puis la famille se pose en Australie, où sa mère dirige une filiale de son entreprise, et où le père débute en travaillant dedans .

Childhood :

- Grandit aimé de ses parents
- Enfance douce bercé de joie, soleil, plage, surf etc...
- Entre dans une école d'art en Australie, mais finit par tout abandonné, car considéré comme pas assez talentueux
- Triste mais pas effondré, ne sait pas trop quoi faire de sa vie
- Parents l'emmène chez un psychologue, un peu inquiet, mais tout va bien.    
- Eden reçoit un super portable, qu'il utilise pour prendre beaucoup de photo, puis au fil du temps, des photos de lui-même, qu'il poste sur les réseaux sociaux

Adolescence :

- Voyage en Asie, où Eden prend beaucoup de photos et passe un bon moment dans la terre natale de sa mère. Se sent mieux en Corée qu'en Australie
- Lors du retour, il présente ses photographies et gagne un concours
- Commence à devenir célèbre, et une agence asiatique fait appel à lui
- Nouveau voyage en Thaïlande, shooting photo réussi, Eden parait dans une publicité pour une marque locale, sa popularité augmente, il devient plutôt une personne un peu célèbre, bien que ce ne soit pas du niveau professionnel. Comment à prendre gout à cette vie, et se plait à se prendre en photo et à prendre soin de son apparence. Ses parents sont heureux de le voir s'épanouir, et le soutiennent
- Mais retour forcé à cause d'une hospitalisation du jeune homme, tombé brutalement malade
- Passe sous surveillance médicale, et entame un cadre de vie très ordonné et régulé
- Le temps passe, Eden se fait à cette vie. L'entreprise de la mère fonctionne bien, Eden vit aisément et reçoit ce dont il désire, sans cependant devenir capricieux.
- Mais incident grave, court circuit dans la maison tandis que les parents sont partis, Eden a le bras droit  sévèrement brulé, il doit apprendre à écrire de la main gauche. Pas simple pour un droitier, il perd sa capacité à prendre de belle photo et doit forcément se photographier avec des manches longues, ce qui pose problème lorsque l'on vit en Australie
-Déménagement en Thaïlande, Eden se sent coupable bien qu'il n'y soit pour rien dans cet aléa du destin.

Youth - Adultness :

- Se plait dans le monde asiatique, devient encore plus célèbre, et commence à être invité pour des publicités, devient même effigie d'un parfum d'une petite entreprise
- Ses parents sont fiers, Eden commence à gagner sa vie en faisant ce qu'il lui plait
- Eden vit toujours chez ses parents, mais reste seul la journée
- Nouvelle hospitalisation brutale, Eden est dans le coma, à cause d'une cris de diabète. Diagnositc : diabète de type 1
- Famille effondrée, mais tient le choc
- Eden doit prendre un traitement quotidien, qu'il n'apprécie vraiment pas, mais il n'a pas le choix, il est aussi suivi médicalement
- Mais le corps d'Eden est fragile, il réagit mal au traitement, si bien qu'il doit être à nouveau hospitalisé
- Nouveau traitement, mais famille bien affectée
- Un jour, triste, il refuse de prendre son traitement, si bien qu'il en tombe dans le coma à nouveau
- Sa famille est vraiment très mal en point, tout autour de lui les gens souffrent, ses amis ne comprennent pas sa façon de voir les choses
- Réveil d'Eden à DT après son coma, il est perdu, et malgré sa peur et la distance avec sa famille, il doit faire de son mieux



Taille ; Cent soixante-seize centimètres

Poids ; Cinquante-six kilogrammes

Cheveux ; Rose, roux, bruns, blonds... tout est une question d'envie

Yeux ; Chocolat


Apparence divine ; ///


Apparence ; - Beau jeune homme, traits fins
- Pas très épais, et pas si grand que cela
- Très photogénique, et parfois se maquille pour se donner un style, porte des vêtements assez atypiques, qui le rendent parfois assez gracieux, voire dans des cas extrêmes androgynes, mais Eden n'aime pas cultiver ce genre d'apparence
- Petites mains très fines et petits pieds, peau pâle
- Cheveux qui changent constamment de couleur car va souvent chez le coiffeur


Autres ;- Porte souvent des vêtements à manches longues
- Mange très peu



« Because no darkness or season can last forever »

Pseudo ϞSerfy

Âge Ϟ Dix-sept ans ♪

Comment nous as-tu connu ? On veut tout savoir Ϟ Je suis un souverain déguisé :p

Avatar Ϟ V - BTS

Note du forum ? Ϟ 10/10, je l'aime trop lui ♥

Avis Ϟ L-O-V-E

Le petit code c: Ϟ Pas besoin O:)

Un dernier mot ? Ϟ Potato Chips ♪


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MessageSujet: Projet : Caractère    Ven 16 Juin - 18:47



Ismaël
Personality

Don’t think of anything
Don’t say anything, not even a word
Just give me a smile


Ô Éternel, fallut-il qu'un jour une créature si mystérieuse,
Ancrât dans l’Éden son existence brumeuse ?
παράδοξος est encré sous sa peau,
A la lame de couteau.

Le verbe définir,
Devient l’inverse de décrire.
Il pose un problème avec ce garçon.
Ismaël, l'enfant sibyllin, réveille nos vieux démons.



Sur les pieds nus, la saisissante caresse de l'écume;
Passant les plis des vêtements, la bise fraiche, frissonnante;
Diffus rayons de l'aube, réchauffant l'épiderme;
Pétale d'un Volubilis : il est douceur envoûtante.

Un papillon tranquille, butinant calmement le champ de la réalité
Et battant des ailes dans ses songes aux milles couleurs.
Artiste patient, aspirant à immortaliser la beauté
D'un monde qu'il admire sans cesse, pacifique contemplateur.

Joyeuse créature à la langue déliée, avide de relations,
Ouvert sur le monde tel un delta du Nil sur la Méditerranée.
Il vit du contact, de la proximité, échangeant à foison,
Pour alimenter son insatiable curiosité.

Passionné aguerri de la flore et de la faune ailée,
Vivant de bain de soleil et d'après-midi d'été,
L'être est fragile, délicat, il faut veiller à ne point le brusquer,
Pour découvrir sa profonde personnalité.



Voile opaque masquant la matérialité,
Chimère inventée pour modifier le reflet d'un miroir.
L'illusion manipulée inviolable peut parfois s'effriter,
Et révéler un garçon en proie aux terreurs du noir.

Cachée en les sombres abysses inconscientes d'une âme pure,
Se tient le rejeton d'Apophis, rongeant depuis l'intérieur,
Le corps souffrant de l'individu. Ses crocs déchiquettent ses fabuleuses aventures
Et empoisonnent son cœur.

Optimisme devient réalisme, sociabilité devient solitude.
L'instinct de fuite face aux dangers de la vérité, domine la raison.
Incapable de se confronter à tant de turpitudes,
Tout échappatoire est privilégié par le papillon.

S'accrochant de toutes ses forces à sa liberté,
Il combat vainement contre le cours du temps,
Retardant l'immuable échéance du sablier,
Quitte à user de tous les sacrifices pour sublimer le néant.

© YOU_COMPLETTE_MESS

----------------------------------------


« Si le papillon s'est brûlé à la lumière, la lumière a connu les ailes du papillon et les a aimées. »




Dernière édition par Ismaël H. Sylwette le Sam 22 Juil - 11:06, édité 16 fois
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MessageSujet: Re: It’s all winter here, even in August. Is it true ? - Eden Sylwette   Ven 16 Juin - 18:51

Cut PartsNight and day, love and hate, sleep and awake, moon and sun. Time is gone, art is long. Earth is now a kingdom of dreams and hopes. The story I'll will tell, is a true thing. The history of one's star called Ismaël. Are you ready or not ? ( 23/10 → 23h26 )
Sur les pieds nus, la saisissante caresse de l'écume;
Passant les plis des vêtements, la bise fraiche, frissonnante;
Diffus rayons de l'aube, réchauffant l'épiderme;
Pétale d'un Volubilis : il est douceur envoûtante.

Un papillon tranquille, butinant calmement le champ de la réalité
Et battant des ailes dans ses songes aux milles couleurs.
Artiste patient, aspirant à immortaliser la beauté
D'un monde qu'il admire sans cesse, pacifique contemplateur.

Joyeuse créature à la langue déliée, avide de relations,
Ouvert sur le monde tel un delta du Nil sur la Méditerranée.
Il vit du contact, de la proximité, échangeant à foison,
Pour alimenter son insatiable curiosité.

Passionné aguerri de la flore et de la faune ailée,
Vivant de bain de soleil et d'après-midi d'été,
L'être est fragile, délicat, il faut veiller à ne point le brusquer,
Pour découvrir sa profonde personnalité.



Voile opaque masquant la matérialité,
Chimère inventée pour modifier le reflet d'un miroir.
L'illusion manipulée inviolable peut parfois s'effriter,
Et révéler un garçon en proie aux terreurs du noir.

Cachée en les sombres abysses inconscientes d'une âme pure,
Se tient le rejeton d'Apophis, rongeant depuis l'intérieur,
Le corps souffrant de l'individu. Ses crocs déchiquettent ses fabuleuses aventures
Et empoisonnent son cœur.

Optimisme devient réalisme, sociabilité devient solitude.
L'instinct de fuite face aux dangers de la vérité, domine la raison.
Incapable de se confronter à tant de turpitudes,
Tout échappatoire est privilégié par le papillon.

S'accrochant de toutes ses forces à sa liberté,
Il combat vainement contre le cours du temps,
Retardant l'immuable échéance du sablier,
Quitte à user de tous les sacrifices pour sublimer le néant.


Et pour parfaire la toile, je terminerai en te détaillant sa peur la plus secrète. Elle est moins visible, et selon le dictionnaire, elle ne porte aucun nom. Il s’agirait d’une anxiété des temps modernes, mais je refuse d’admettre cette éventualité. Pour moi, elle est intemporelle. Drôle de coïncidence d’ailleurs. Pour tout t’avouer, Ismaël mène un combat perdu d’avance. En plus de se battre contre lui-même, il affronte un autre ennemi, invisible, sans matière, sans consistance. Il s’évertue dans un duel sans fin, avec une notion, qui lui cause du désespoir. Le temps. Il est son pire ennemi. Le temps qui coule, le temps qui file, l’immuable mouvement du sablier. Qu’il aimerait pouvoir arrêter ce parcours éternel. Mais sa force est moindre contre l’ordre du monde, il ne peut le changer. Et ses désirs sont son essence. Alors il continue de mener ce combat, avec ou sans arme. Il ne faiblira jamais, il ne mettra jamais genou à terre, bien que sa quête soit vaine. Il sait qu’il ne peut rien faire, qu’il est voué à l’échec. Cependant, son petit lui, perdu dans les limbes de son être, garde espoir. Il croit en la liberté, il est persuadé qu’un jour, il brisera les chaines du destin, et déploiera ses ailes pour échapper au parchemin de la vie.

© 2981 12289 0

----------------------------------------


« Si le papillon s'est brûlé à la lumière, la lumière a connu les ailes du papillon et les a aimées. »




Dernière édition par Ismaël H. Sylwette le Mer 13 Déc - 22:11, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: It’s all winter here, even in August. Is it true ? - Eden Sylwette   Ven 4 Aoû - 22:23



Ismaël H. Sylwette


NOM Ϟ Sylwette

PRENOMS Ϟ Ismaël Haneul

AGE Ϟ Vingt-et-un an

Date de Naissance ϞDix-sept juillet (Feu follet)

Nationalité Ϟ Australo-coréen

Orientation Ϟ Aromantique / Asexuel

Situation amoureuse Ϟ Célibataire

Groupe Ϟ Humain

Penchant Ϟ Bien

Raison de la venue Ϟ Je suis voué à répandre le malheur autour de moi, alors ma place en cette ville est peut-être un moyen de m'empêcher de détruire ceux que j'aime ?





Don’t think of anything
Don’t say anything, not even a word
Just give me a smile


Ô Éternel, fallut-il qu'un jour une créature si mystérieuse,
Ancrât dans l’Éden son existence brumeuse ?
παράδοξος est encré sous sa peau,
A la lame de couteau.

Le verbe définir,
Devient l’inverse de décrire.
Il pose un problème avec ce papillon.
Ismaël, l'enfant sibyllin, réveille nos vieux démons.


PARADOXE (n.m) [paʀadɔks] : Affirmation surprenante en son fond et/ou en sa forme, qui contredit les idées reçues, l'opinion courante, les préjugés. Proposition qui, contradictoirement, mettant la lumière sur un point de vue pré-logique ou irrationnel, prend le contrepied des certitudes logiques, de la vraisemblance.


Que de mots compliqués apparaissent à l’écran. Des mots qui mis ensemble, tendent à créer ce que la littérature nomme depuis l’antiquité une définition. Cet écrit respecte rigoureusement de nombreuses lois littéraires établies dès les fondements de l’art, pourtant, il n’en reste pas moins obscur. Son auteur est inconnu, impossible donc de connaître la véritable intention qui le poussa à rédiger ces lignes. Pour un lecteur tel que toi, Invité, ce rendu amateur doit te sembler charabia, et tu aurais raison de le penser. Vois-tu, je ne suis pas un professionnel, mais mon expérience me suffit à ne pas être perdu. Et je peux te dire une chose : ces quelques vers correspondent parfaitement au personnage que je m’apprête à te présenter. Laisse-moi prendre ta main, et te guider dans ta lecture. A travers elle, je peindrais dans ton esprit l’image d’Ismaël, l’enfant sibyllin, ce jeune homme, assis à la table près de nous, le regard perdu à travers la vitre.

Crois-moi, ce n’est pas un travail simple que de décrypter ce personnage étrange. Aux premiers abords, il semble comme tout le monde. Un jeune garçon, tout fraichement intronisé dans le monde des adultes, un grand sourire toujours solidement vissé à ses commissures. Lorsque ton chemin croise le sien pour la première fois, tu serais tenté de l’enfermer dans des cases, de le juger sur son physique inhabituel, sa démarche légère, ses airs naïfs, sa voix plutôt grave, ses pieds nus, son visage enfantin, ses vêtements désaccordés, ou je ne sais encore quelle autre raison qui te seras suffisante. Mais je t’en implore, ne le fais pas. Ne commets pas la terrible erreur du jugement facile, ne succombe pas à la tentation des stéréotypes. Essaie d’ouvrir ton esprit, pour le comprendre, et le percevoir dans sa totalité.

Es-tu désormais prêt à le rencontrer ? Bien, je me lance…

La première chose qui me vient à l’esprit quand je le regarde, c’est la douceur qu’il dégage. Tu vois comme il porte son verre à ses lèvres ? Un mouvement tranquille, aérien, aussi doux que la fraiche brise matinale. Ce geste l’illustre. Il possède une grâce naturelle, une élégance délicate, due à ce calme qui l’habite, qui l’accompagne dans chacun de ses gestes. Sa sérénité pourrait déstabiliser. En effet, l’enfant pourrait passer des heures immobile, le visage tourné vers la nature. Il est un petit animal inoffensif, naïf des dangers qui règnent dehors. Sa frimousse imberbe et pâle, et son sourire puéril, inspire la plénitude à ses interlocuteurs. Il doit exister, autour de lui, une aura d’apaisement, qui s’infiltre dans le corps des personnes l’entourant. Jamais tu ne verras l’inquiétude, la mélancolie ou le désespoir déformer ses traits. Peu importe le moment où tu l’observes, tu contempleras toujours une thébaïde imprimée sur son minois. Cependant, tu te tromperais en pensant qu’Ismaël n’est pas capable de ressentir des émotions, que son cœur n’est qu’un pauvre bloc gelé. Au contraire, l’enfant ressent des sentiments, qui agissent sur lui et le changent, mais il ne les affiche pas de façon démonstrative. Il préfère rester dans une douce sobriété, et exprimer ce qu’il ressent sans une inutile effervescence. Puisque chaque sentiment qui traverse son âme est démultiplié, il est très sensible. D’ailleurs, il n’aime pas blesser les autres, même ne serait-ce que ce petit insecte qui grouille le long du bois. Toute vie est pour lui d’une importance capitale. Il agira alors toujours de la plus douce des façons possibles, pour ne jamais faire de mal à quiconque, même ceux qu’il n’apprécie pas, rares je vous l’accorde.

La deuxième chose qui saute aux yeux, c’est son inclination naturelle à rêver. Tu as déjà rencontré ce genre de personne un peu singulière, qui depuis sa tête recrée le monde n’est-ce pas ? Ismaël est l’un de ces rêveurs. Passant ses journées perdu dans ses songes, inventant au fil des jours des histoires plus extraordinaires les unes que les autres, oubliées dès le lendemain. Son imagination débordante semble infinie, rendant notre ami bien décalé. Il oublie parfois de franchir la ligne rose séparant la réalité de la fantaisie, et pense avoir vécu des moments qui n’ont jamais quitté les parois de son esprit. Et toute cette capacité à créer est nourrie grâce à sa passion principale pour la contemplation. L’enfant aime admirer des heures durant des paysages à couper le souffle, des visages magnifiques, des créations artistiques fabuleuses. Il se fonde une identité à travers l’observation, et sa mémoire d’éléphant lui permet de se rappeler avec précision ces paysages. Son souverain bien à Ismaël, sa quête suprême, c’est le bonheur, passant à travers l’absorption d’un sentiment que peu de gens connaissent. L’éblouissement. Le ressenti d’être minuscule, de n’être rien d’autre qu’une énième tâche sur un tableau face à la grandeur unique de la nature. N’être qu’un pion sur l’échiquier terrestre. Cette aspiration à la mélancolie forte, que les romantiques nomment sensucht, je pourrais t’écrire une thèse là-dessus, mais je préfère laisser un véritable artiste s’exprimer à ma place.

Hätten die Nüchternen
Einmal gekostet,
Alles verließen sie,
Und setzten sich zu uns
An den Tisch der Sehnsucht,
Der nie leer wird.

C’est la recherche de cet état d’esprit qui pousse Ismaël à agir, à vivre sa vie telle qu’il la vie. Pourquoi ? Seul lui peut le savoir, et je crains que tu n’aies pas le droit d’obtenir cette réponse. J’en suis terriblement désolé. En échange, je peux te donner l’une des activités principales de l’intéressé : il est photographe amateur. Toujours accompagné de son fidèle polaroïd rose, offert par ses parents à son dix-huitième anniversaire, l’enfant adore immortaliser sa vie quotidienne. Il conserve soigneusement chaque fragment de souvenir dans un livret, caché au fond de ses affaires, ce qu’il possède de plus précieux. Il attache, comme tu peux t’en douter, une importance particulière à la mémoire, à garder une trace de son passage sur Terre. De temps en temps, lorsqu’il se sent mal, Ismaël aime replonger dans ses clichés, pleurant et riant au rythme de son feuilletage. Après, il se sent souvent mieux, et d’aplomb à repartir. Personne hormis lui n’est autorisé à regarder ses photos, alors ne sois pas étonné si tu dois essuyer un refus le jour d’une visite dans son appartement. Dans tous les cas, il n’aime pas inviter des gens chez lui, il préfère sortir dehors. Rester enfermer est la pire des tortures pour ce pauvre petit animal.

Déjà, tu commences à cerner le profil, mais tu es loin d’avoir tout découvert sur lui. Prends le temps de commander une boisson chaude, de laisser tes cellules grises respirer, nous reprendrons dans un instant.

La troisième chose qui se manifeste quand tu parles avec lui, c’est son aisance au contact. Ismaël n’est pas timide, il aborde facilement les personnes, et noue des liens à une vitesse impressionnante. Il apprécie être entouré de monde, parler des après-midis entières à des inconnus, faire de nouvelles connaissances. Le monde, la foule, l’activité humaine lui sont nécessaires, il ne pourrait vivre sans bavasser un instant, ne serait-ce de futilités. Surtout qu’il n’a pas sa langue dans sa poche, et parle de tout et de rien aisément. Non, il n’est pas difficile, et son ouverture d’esprit remarquable, à la limite de l’extrême, lui permet de converser avec tout le monde. Il ne juge jamais, ne critique jamais, et déteste les stéréotypes. Selon lui, personne ne se ressemble, et enfermer quelqu’un dans une généralité serait tuer son unicité. Il fait toujours preuve de beaucoup de respect, et d’une bienveillance perceptible, aidant les autres à se sentir en confiance, et à se confier à lui. Evidemment, il est une personne honnête, et jamais il ne lui viendrait à l’idée de trahir ses amis. Il est une oreille attentive, une figure chaleureuse présente en cas de besoin. Il fait preuve de beaucoup de générosité, et pourrait se plier en quatre pour aider ceux qu’il aime. C’est un bon ami, un bon voisin, un bon passant. Son insatiable curiosité le pousse régulièrement à explorer les environs, à aborder des personnalités inconnues sans honte, à jaspiner avec le premier individu venu. Il ne serait pas étonnant de le croiser aux manifestations artistiques, au moindre évènement organisé, au détour d’une fête de quartier. Toute occasion est bonne pour quitter son appartement et rejoindre le grand air. Après tout, sa première maison, c’est le dehors.

La quatrième chose qui me semble essentielle d’aborder pour terminer cet éloge, c’est de décrire l’attachement charnel qu’éprouve Ismaël à l’égard de sa liberté. Tu peux tout lui supprimer, tu peux le briser en mille morceaux, tant qu’il possède ce mince espoir de retrouver sa liberté, l’enfant ne périra pas. Il tient trop à cette fébrile excitation à l’idée d’aller gambader dehors, de se rouler dans un champ de fleur, de crier au milieu des montagnes. Tant qu’il possède la liberté, il possède tout, et même le monde entier lui semblerait fade contre le sacrifice de sa liberté. Il voue trop d’importance à la poursuite de ses désirs, préférant vivre de l’accomplissement de ses passions. Et elles sont nombreuses. J’ai déjà évoqué la photographie, mais laisse-moi en ajouter deux ou trois, comme celle des fleurs, bien qu’il ne supporte pas de s’en occuper, de la faune aérienne, en particulier les papillons, dont il collectionne les clichés, et aussi des bains de soleil, car son enfance sous la chaleur le rend fragile face au froid. Ismaël s’enivre de sa liberté jusqu’à ne plus pouvoir respirer. Il hait les contraintes, et ne s’encombre jamais de toutes responsabilités. Un rien pouvant devenir chaine le répulse, si bien qu’il préfère écarter de lui toute entrave capable d’alourdir ses mollets. Après tout, il existe tant d’éléments dans ce monde à observer, pourquoi volontairement se meurtrir en s’infligeant des barrières ? Tu l’auras compris, n’essaies jamais d’apprivoiser le docile Ismaël, il n’existe aucune cage aux barreaux suffisamment solides pour l’empêcher de fuir. Il est comme l’oiseau guettant le paradis, prêt à désobéir aux ordres divins dès le dos tourné. Penses-en ce que tu veux, mais c’est ainsi qu’il aime exister, comme un grain de pollen se laissant porter par les vents. Il ne prévoit jamais rien, oublie toujours ses rendez-vous, et possède un sens de l’orientation misérable, l’entrainant constamment à se perdre dans les ruelles de notre cité.

Tu as terminé de boire ? Cette petite auberge au bord de la plage n’est pas mauvaise n’est-ce pas ? C’est ici que tu croiseras le plus souvent ce petit homme. Il vit à l’étage, hébergé grâce à la gentillesse de la propriétaire, qu’il paie rubis sur l’ongle tous les mois. Le loyer est ridiculement bas, l’enveloppe mensuelle n’est que formalité. Il se plait ici, dans cet univers calme une fois la nuit tombée.
Cela doit faire une petite heure que nous parlons. Si tu le souhaites, nous pouvons faire une pause. Tu te demandes si j’ai terminé Invité ? A vrai dire, j’en ai encore pour un moment à te le présenter. Vois-tu, chacun d’entre nous est une œuvre d’art, possédant différentes teintes de couleurs, différentes formes, différentes lignes, toutes mélangées selon une technique unique. Cependant, tous, peu importe notre identité, nous possédons un point commun. Que serait un tableau sans une touche de noir ? Tous, nous portons contre notre peau ce dernier coup de pinceau. Cette aquarelle de charbon indélébile, qui tâche et déborde si nous ne nous appliquons pas à l’effacer. Et bien Ismaël n’échappe pas à cette règle. Tu te doutes bien que je ne pouvais me contenter d’une louange. J’ai besoin de cerner mes sujets, de les analyser en profondeur, et de ne rien laisser passer. Pour cet enfant, qui désormais pianote sur son portable, je peux te dire qu’un verre d’eau ne sera pas suffisant pour étancher ma perte de salive. Attire le serveur je te prie, je paie la seconde commande.

Le pan de sa personnalité qui t’échappe encore correspond à ce qui se cache en lui, caché aux abysses de son lui intérieur. Je te parlais d’un visage souriant tout à l’heure, dis-toi qu’il ne s’agit que d’un masque. Ismaël a beaucoup souffert durant son enfance, et continue encore aujourd’hui de porter un lourd fardeau sur ses épaules. Il a appris à cacher ses émotions, à enterrer le négatif au fond de lui. C’est une bombe à retardement.

Soyons clairs, la cinquième chose le constituant, c’est sa capacité à refouler les pensées négatives qu’il reçoit ou ressent au plus profond de lui, puis à les laisser macérer en silence. Il est une éponge, un réceptacle à ressentis, et il garde tout pour lui. Il ne se confie jamais, déteste admettre ses faiblesses, et ne se confronte jamais à la réalité. Il préfère la fuite, l’éternelle retraite devant un ennemi invincible. Mais il revient ce poison, il revient toujours, lui rongeant les entrailles, le détruisant depuis son âme. Ce n’est qu’un enfant, en proie aux terreurs nocturnes. Ses peurs ne viennent pas de l’extérieur, ce serait faux que de le penser. Non, elles viennent de lui, et de lui seul. Ismaël est dangereux, car il est son propre démon, son propre assassin. Qui est le coupable ? Son imagination. Elle l’empoisonne, à coup de désillusions, de fausses croyances, de mensonges. Elle l’aide à se leurrer lui-même, à s’obscurcir inconsciemment la vue, brouillant l’accès la vérité, et délivrant un second chemin piégé menant à la souffrance. Elle est cette douce agonie, travestissant la douleur qui transperce ses veines. C’est plus facile d’altérer la réalité, de toujours minimiser. Il ne cessera de te répéter qu’il n’existe pas de fatalité, que tous les maux peuvent être vaincus, que la volonté peut combattre la souffrance. Sauf qu’au fond de lui, il n’en pense pas une seule goutte. Il ment aux autres, leur donnant l’espoir, pour se mentir à lui-même, et se guérir. Vulgaire placebo. Le vrai Ismaël est réaliste, voire pessimiste, et connait le monde bien plus qu’il ne voudrait le laisser paraitre. Mais il est enfermé, écrasé inconsciemment par son hôte pour esquiver les peines. Nous en revenons toujours à cet instinct animal de fuite, tu t’en rends compte désormais je suppose.

La sixième chose qui s’impose à son encontre, c’est son incapacité à conserver des relations. Il ne sait pas s’y prendre avec les gens. Craignant de les blesser, jamais il ne les affrontera, crèvera l’abcès. Il souffrira, préférant garder en lui ce qui bouillonne. Nombreuses sont ses connaissances, trop peu sont des amis. Ceux qui le côtoient pensent le connaitre, mais ils se trompent, et vient toujours ce fatidique moment où les liens s’effritent, et où son entourage, incapable de le comprendre, finit par le délaisser. Ne laissant rien paraître, crois-moi qu’il en sera bouleversé. Il ne supporte pas perdre quelque chose, encore moins des amitiés. Le pauvre, il ne peut rien faire, tant il redoute d’aggraver la situation. Alors, seule solution selon lui, il compense les pertes par des trouvailles. Il cherche toujours de nouvelles rencontres, pour conjurer le mauvais sort, sa spécialité. Si bien qu’Ismaël ne garde aucun ami d’enfance, et rare sont ceux qui restent plus de deux ans auprès de lui. Eux l’oublient, lui ne les oublie pas. Et de temps en temps, lorsqu’il se remémore les moments passés en leur compagnie, quand il retrace dans son esprit les traits de leur visage, un profond sentiment de solitude l’envahit. Il se sent coupable. Coupable de n’être pas à la hauteur, de ne pas savoir attiser la flamme de l’affection. Il en déduit toujours la même conclusion : il n’est pas comme les autres, et il ne le sera jamais. Il ne s’approche jamais trop des gens, gardant toujours une forme de distance, refusant un attachement trop puissant. Il déteste souffrir, c’est donc pour lui le meilleur des remèdes. Du moins, il s’en est convaincu.

My heart is gold and my hands are cold

La septième chose le concernant pour achever ma création, c’est cet être enchainé au fond de lui, le vrai Ismaël. Un petit enfant apeuré, en proie aux terreurs du noir. Tu vois comme ses paupières se ferment, il va s’endormir. Nous ne pourrions le deviner en regardant ce jeune homme. Pourtant, là, proche de son cœur, l’autre lui, le véritable lui, reste éveillé, et ses craintes nourriront d’atroces cauchemars. Les choses les plus graves sont celles que nous ne remarquons pas. Difficile de parfaire une description de notre ami sans aborder ses phobies. Je ne préfère pas toutes te les énumérer, tu les découvriras par toi-même. Elles empestent le quotidien du pauvre petit homme, pourrissant les gestes paraissant les plus simples. Cela engendre des comportements inhabituels pour l’enfant, tel celui de ne prendre que des douches, de ne faire ses trajets qu’à pieds, peu importe la distance, de ne jamais se baigner, de peu sortir en cas de grippe. Il serait facile de dire qu’il est accablé de troubles obsessionnels. Ce ne sont que des habitudes qui découlent de ses angoisses. Mais ce n’est pas tout, il reste encore un petit détail. Ne dis jamais à personne que je t’ais révélé ce secret. A vrai dire, Ismaël est malade. Gravement malade. Une infection orpheline, dont l’origine reste à ce jour inconnue. Il le sait, il l’a accepté. Des médecins se sont bousculés à sa porte, il a enchainé les traitements, avec plus ou moins de réussite. Personne n’est capable de le guérir, mais ils peuvent ralentir la corruption, calmer les symptômes. La bête, elle, reste en vie, elle végète, patientant calmement son heure de gloire. Ne compte pas sur lui pour te parler de sa maladie, elle est la raison de sa venue ici. Il t’affabulera de mensonges, faisant passer ses gélules pour des compléments alimentaires. L’accumulation d’antibiotiques a endommagé son système immunitaire, il attrape toutes les saloperies qui trainent s’il ne prend pas ses précautions. Tu verras donc souvent un masque recouvrir le bas de son visage, protégeant cavité nasale et lèvres, pour éviter les contaminations.

Tiens, j’ai terminé ma tasse de thé. Aurais-tu encore un peu de temps à m’accorder ? Je pourrais te parler d’Ismaël des années encore, tant il est difficile de cerner cet être à peine réel. Je n'ai présentement qu'effleuré la surface de sa personnalité. Cependant je ne pense pas pouvoir te retenir si longtemps, tu finirais par te lasser de mes belles paroles. Tu as encore beaucoup à apprendre de lui, et je préfère te laisser le plaisir de le découvrir par toi-même. Par contre, si tu le souhaites, je peux te conter l’histoire de l’enfant sibyllin. Oui ? Merveilleux, il semblerait que j’ai réussi à capter ta curiosité, j’en suis ravi. Patiente un instant, je vais allumer une cigarette dehors, j’en ai bien besoin. Je reviens juste après. Commande pour moi une autre boisson chaude, cela nous permettra de tenir encore quelques heures. Aller, je te laisse, nous nous retrouvons dans un instant.

It’s like a wind that gently strokes me
It’s like a dust that gently drifts along
You’re there but for some reason, I can’t reach you


« How much longer do I have to wait ? »


I still can’t believe it
All of this seems like a dream
Don’t try to disappear



Je viens de te présenter le portrait d’Ismaël, et j’espère que tu es bien accroché à ton siège, car son histoire est encore plus complexe. Si, je te l’assure, c’est possible. Mais je te promets qu’elle sera passionnante et riche en rebondissements. Et si tu n’es pas prêt à l’écouter, alors tu peux quitter ce bar, revenir plus tard ou ne jamais revenir, tu restes libre de ton choix. Tu es finalement resté ? Alors je retourne à ma narration.

Pour raconter l’histoire de l’enfant de la brume, je me dois d’abord de te présenter celle d’une extraordinaire rencontre entre deux êtres aux antipodes l’un de l’autre, mais qui par je ne sais quelle sorcellerie se déroula vingt-et-un an plus tôt.

D’un côté, Yoo Ji Minh, entrepreneuse coréenne de trente-et-un an, directrice d’une grande agence de voyage. Reprenant les rênes de l’entreprise familiale à Busan, suite au départ à la retraite de son père, la jeune femme ambitieuse, ainée d’une fratrie de cinq frères et sœurs, sacrifie ses rêves de scène pour se consacrer au travail. Très vite, elle trouve dans son occupation un plaisir inattendu, et ses heures de bureau deviennent stimulantes. Patronne talentueuse, elle arrache les plus gros contrats à la concurrence et gagne de nombreuses places sur le marché asiatique. Mais elle n’en reste pas moins une citoyenne comme les autres, et lorsqu’elle rentre le soir après une journée bien remplie, elle apprécie retrouver l’atmosphère reposante de son petit appartement, où l’attend impatiemment une boule de poils nommée Haru.

De l’autre côté, Joshua Sylwette, étudiant australien de vingt ans, apprenant avec passion les ficelles du marketing. Après une enfance baignée dans l’insouciance et le confort, ses parents lui paient la meilleure des écoles de Sydney, afin de faire de lui un grand homme. Ils suivent avec fierté les bons résultats de leur fils unique, qui malgré un penchant marqué pour les soirées endiablées et les manifestations bruyantes, montre une assiduité irréprochable dans ses apprentissages. Vivant depuis moins d’un an dans son propre appartement, le jeune homme préfère rester à l’extérieur, pour s’amuser ou réviser, peinant encore à trouver ses marques dans son nouveau chez-lui. Il trouve son bonheur en passant du bon temps en compagnie de son éternelle bande d’amis.

Ces deux profils opposés n’auraient jamais dû se rencontrer. Après tout, il n’existait entre eux aucun lien particulier. Et pourtant crois-moi, une opportunité soudaine mêla leurs destins. Devine laquelle ? L’avion pardi !

Un jour, Ji Minh reçoit un appel en provenance de Singapour. Un gérant de chaine d’hôtels, désireux de proposer un partenariat avec l’entreprise, pour promouvoir ses bâtiments tout juste construits et attirer des clients. Entre visites guidées et activités typiques, il souhaite proposer un pack à prix cassé. Ravie d’avoir été choisie en raison de sa popularité, la jeune coréenne accepte sans réfléchir, et met peu de temps à émettre des idées pour alimenter l’offre. Mais parler d’un pays jamais vraiment visité reste difficile. Quoi de mieux que de se rendre directement sur place pour se faire une propre opinion ? Sans attendre, le billet d’avion est réservé. Le dix-sept juillet, en pleine saison touristique, la chef d’entreprise embarquera direction son futur investisseur.

Un autre jour, Joshua participe à une réunion annuelle de son école. Ayant terminé avec brio son année, il doit désormais se préparer à la suivante. Bientôt viendra l’heure de débuter sa thèse, le temps est compté. L’université demande donc à ses étudiants de trouver pendant les vacances un stage dans une entreprise, pour déjà se confronter au monde du travail, et acquérir une petite expérience. Qui sait si cela n’aidera pas les jeunes gens à trouver un sujet de thèse ? Évidemment, les parents du jeune australien ont tout prévu. Ils ont repéré l’ouverture d’un hôtel à Singapour, métropole mondiale. La correspondance avec le marketing est totale, puisque pour se faire connaitre, le gérant organise de grandes campagnes publicitaires. Ils encouragent fortement le jeune apprenti à se lancer dans l’aventure. Heureux d’avoir trouvé si vite, il se lance dans les démarches administratives, et au bout d’une semaine, une lettre lui apporte la bonne nouvelle qu’il espérait. Le dix-huit juillet, il débutera dans l’équipe. Ni une ni deux, M. et Mme. Sylwette filent sur Internet et réserve un billet d’avion, à la date du dix-sept juillet.



Embarcation immédiate !
Ji-Minh et Joshua sont tous deux levés depuis bien trois heures. Leurs affaires sont prêtes depuis la veille, ils sont lavés, habillés, préparés, plus qu’il ne le faudrait. Tous deux prennent pour la première fois l’avion, et un sentiment d’excitation enfantine les enserre. Arrivés tôt à l’aéroport, ils ne tardent pas à trouver leur avion. Seoul Incheon et Sir Charles Kingsford Smith of Sydney, deux grosses bâtisses impressionnantes qui impressionnent nos deux jeunes gens. La foule est immense, le bruit est continu. Le monde grouille, et entre touristes, travailleurs et voyageurs, où donner de la tête ? Une petite voix dans les haut-parleurs retentit, et tous accourent vers le lieu d’embarquement. Assise dans l’avion, Ji-Minh aime regarder à travers le hublot. Le personnel dehors semble minuscule. Elle commande une boisson chaude, un café, puis se prépare à terminer sa nuit. Quant à Joshua, à peine installé, l’utilité des petits sachets situés sous le siège n’est plus à prouver. Malade en avion, il fallait le savoir. Peu enclin devant le trajet qui se prépare, il compte sur le capitaine de bord pour voler du mieux qu’il pourra sans perturbations.

Au bout de quelques heures, l’avion atterri au Changi Airport sans encombre. Joshua, mal en point, décide de se payer un café, pour noyer ses envies maladives dans une liqueur d’arabica. Machine dans le hall, insérez une pièce, et le tour est joué. Il s’installe, valise à ses côtés, sur un siège parmi tant d’autres. Ji-Minh elle, descend des escalators avec fière allure. Enjouée de pouvoir explorer cet environnement nouveau à ses yeux, elle ne tarde pas à rejoindre le hall. L’horloge sonne midi, l’heure du repas. Souhaitant suivre son régime strict, la dame s’installe sur un siège au milieu du bâtiment, et sort de son sac un casse-croûte fait maison.

- Dat’s not an airport’s sandwich, yours bigger’n much more appetizing


- 미안합니다 , I not speak English very well, excuse me…

- Sorry, excuse me too. I said that your sandwich is not a sandwich from the airport, because it looks bigger and much more appetizing. I guess you made it by yourself?

- Thank you, I cooked it at home.

Ji-Minh tourne son visage vers son curieux interlocuteur. Son regard croise le sien. De magnifiques prunelles océanes, teintées d’une nuance de rose sur les contours. Une couleur très étrange, soyons-en certain. Peut-être est-ce à cause du reflet de la lumière ? Ses yeux dérivent sur un visage bronzé aux traits fins, des lèvres rosées par la jeunesse, et un menton portant les marques d’un rasage maladroit récent. Elle esquisse un sourire. Joshua lui, découvre une longue chevelure noire, tandis qu’une fragrance délicate de jasmin atteint ses narines. Il remarque deux petites billes chocolat l’observant, au milieu d’une frimousse de porcelaine. Son attention se porte ensuite sur une paire de lèvres rougies par le maquillage, pulpeuses et remontées. Puis sa vue s’abaisse, un peu trop à son gout, avant de remonter subitement, comme un enfant pris sur le fait. Voix timides, sourires embarrassés. Silences déconcertants.

- May I ask you your name ?

- Yoo Ji-Minh, and you ?

- Joshua, Joshua Sylwette…


Ji-Minh est encore perturbée par cette rencontre irréelle. Elle marche depuis une heure, laissant son regard scruter les environs, détaillant les monuments les plus typiques, cherchent à travers la population des magasins sortant du commun. Cependant son esprit ne cesse de se souvenir de cet homme étrange. Après tout, la situation évolua si vite. À peine le temps de parler plus, qu'un habitant bien costumé les interrompit. Il attendait visiblement le jeune garçon et repartit avec lui sur ses pas. Si bien que la jeune coréenne ne savait plus vraiment si Joshua Sylvette était un véritable être ou une illusion issue d'un songe. Elle soupire, et retourne à son exploration visuelle. Carnet à la main, elle griffonne des noms de rue. Elle entre dans quelques commerces aux devantures alléchantes, découvrant moult produits exotiques, et ne se retient pas de prendre photos sur photos.

Joshua n'arrive pas à se sortir de la tête l'image de cette ravissante demoiselle. Il dut la quitter la boule au ventre, déçu de n'avoir pu lui demander son numéro. Il sait que jamais plus sa route ne croisera la sienne, et le sentiment qui tord son cœur le fait vaciller. Il s'en veut d'avoir montré une timidité excessive, lui qui d'habitude n'hésitait jamais à aborder les jolies filles en soirée. Qu'est ce qui lui était passé par la tête ? S'il le pouvait, son crâne rencontrerait le mur. Il se sentirait mieux. Un coup de frein soudain ramène l'étudiant à la réalité. Le chauffeur de taxi coupe le moteur, et les trois hommes quittent la voiture. Récupérant les valises, son accompagnateur le guide à l'intérieur de l'hôtel. Tout juste construit, le bâtiment est soigneusement de décoré. Chic, sans être tape à l'œil : rien à redire, il est splendide. Ce sera un plaisir de faire partie du personnel pour un mois.

La journée s'écoule vite. Déjà le soleil se couche sur Singapour. Épuisés par des heures de travail, les deux jeunes adultes s'endorment paisiblement. Ji-Minh chez l'habitant, et Joshua à l'hôtel. Et leurs rêves se colorent de ciels rosés et de senteur de jasmin.


Les jours défilent et bientôt la semaine touche à sa fin. Ji-Minh pose son stylo plume, sourire aux lèvres. Plus dur que du béton armé, son projet touristique risque de faire des ravages. Dernière étape avant de boucler son dossier, un hôtel venant d'ouvrir ses portes dans la ville. Il semble prometteur et son instinct d'entrepreneuse aguerrie la pousse à tenter des négociations. S'armant d'un ticket de métro, elle emprunte le véhicule qui la conduira au terminus de son séjour.

Joshua s'est bien débrouillé durant sa semaine d'intégration. Le personnel semble apprécier ce jeune homme motivé, donnant un coup de main dès qu'il le peut. Si bien qu'un matin, le jeune garçon est convoqué dans le bureau du directeur.

- Mr. Sylvette, I'm glad to see you this early. I hope you've slept well in the room 713. Do you want some coffee ?

- Yes, thank you very much sir. I can't deny it, the comfort in my room is perfect. I've nothing to complain.

- What a good new.  

Le gérant porte la tasse à ses lèvres et boit une gorgée de café. Puis il reprend

- Since the beginning of your work experience, the staff is full of braise for you. You're a hard-worker, and I like it. So, I decided to offer you an opportunity. One of our receptionist is sick today, and we need a full team for the saturday night's rush.

Joshua se sent si fier. Bien que ce poste ne soit qu'un remplacement, il apprécie la confiance émanant de son directeur de stage. Restant le plus professionnel possible, il accepte la proposition.

- I'm honored you trust me, and I'll give the best of myself to replace your employee.  

Un serrage de poigne formel conclue l'arrangement et très vite, le jeune homme est initié au métier.


Ji-Minh est lassée de marcher, ses pieds lui crient de s'arrêter à chaque pas. Elle aurait dû acheter d'autres chaussures. Épuisée, elle appelle un taxi, et indique sa destination. Il ne faut pas longtemps pour rejoindre le dernier hôtel de son périple. Les lumières de la ville s'allument doucement sur son passage, marquant le glissement du jour à la nuit. À bon port, elle récupère ses affaires et avance vers l'hôtel d'un pas ferme. L'idée de prendre une bonne douche hâte ses pas lourds et déjà son dos lancinant rêve de la douceur des draps de l'agence. Poussant avec délicatesse la porte du bâtiment, la jeune entrepreneuse découvre un intérieur faste et bien agencé qui ravit ses pupilles. Elle se faufile entre les clients jusqu'à l'accueil, prenant plaisir à marcher le long du tapis rouge traversant le hall d'entrée. Devant le bureau des réceptionnistes, elle pose son sac sur le rebord et commence à sortir ses documents de réservation

- Good evening Ms. Yoo

Sa tête se relève lentement, mue par une énergie soudaine. Cette voix, elle la reconnaît. Elle est plus grave et plus assurée qu'auparavant. Cependant, c'est la même intonation reposante qui vibre en elle. Son regard croise des yeux cacao aux lueurs d'aurore, cerclés aujourd'hui de grosses lunettes rondes noires. Une frimousse proprement rasée affiche un sourire en coin, tandis qu'une main gantée de soie tend vers elle une clé.

- Those are the keys for your room, have a nice journey in our hotel.

Les prunelles de Joshua sont toutes admiratives de la robe mauve nuit portée par la coréenne. Elle fait ressortir à merveille ses longs cheveux noirs. Une fragrance envoutante parvient à ses narines.

- Thank you, Mr. Sylwette

Sans un mot, son nez suit la démarche féminine allant vers l'ascenseur. Immobile, lèvres légèrement entrouvertes, le jeune homme contemple la silhouette disparaître derrière deux portes métallisées.


Bientôt il sera minuit. Ji-Minh est assise devant son ordinateur portable, une page de traitement de texte ouverte. Pas une ligne n'est écrite : syndrome de la page blanche. Depuis qu'elle est entrée dans sa chambre, ses pensées divaguent et sa concentration ne cesse de déraper. Impossible d'oublier l'image de l'étudiant en costume de soirée. Il hante ses réflexions, perturbant sa capacité à compléter son projet. Rien à faire, elle ne pourra pas travailler ce soir. Autant abandonner et prendre du repos, plutôt que de forcer inutilement l’inspiration. Se laissant tomber dans son lit, la jeune femme repense à son séjour. Deux fois déjà qu’elle le rencontre, et toujours un moyen de contact elle ne possède pas. Elle n’est pas dans son état naturel lorsqu’elle croise son regard étrangement coloré. Elle pousse un soupir, se lamentant de sa timidité exacerbée. Elle pensait l’avoir chassé depuis le temps. Elle attrape le téléphone de sa chambre, et compose le numéro de l’assistance.

- Room service, what could I do for you ?

- Good evening, I would like to have a fresh drink. Could you please bring it to my  room ? It is the room number 204.  

- Yes mademoiselle, you’ll receive your order as soon as possible.  

- Thank you

- You’re welcome !

Reposant le combiné sur son socle, la coréenne plonge sa tête dans l’oreiller, fermant les yeux un instant. Elle redessine dans son esprit les traits du beau garçon de l’accueil, revoyant les détails de son visage. Ses phalanges viennent se poser sur sa poitrine, pour sentir les battements de son cœur. Un vrai tambour. En se focalisant sur le rythme effréné de l’organe en question, Ji-Minh se laisse hypnotiser, et s’endort sans s’en rendre compte. Dans ses rêves, une douce sensation se propage dans son corps. Une chaleur agréable, qui semble être émise depuis sa joue. Elle reprend doucement conscience, mais ne souhaite pas quitter l’état de tranquillité dans lequel elle baigne depuis son semi-réveil. Elle sent un souffle chaud caresser son bras nu, lui offrant de doux frissons localisés. Des sons extérieurs commencent à devenir audibles. D’abord le chuchotement du vent, à travers la fenêtre qu’elle se rappelle avoir laissé ouverte. Puis le vrombissement de la circulation d’une ville inépuisable. Enfin une respiration. Une respiration ? Les pupilles de la demoiselle s’ouvrent brusquement, poussant son dos à se relever. Elle s'écarte du bord du matelas, pour juger la présence qui occupe la pièce avec elle. Et elle n'en revient pas. C'est lui. Sur la table de nuit est posé un plateau, garni de deux verres de champagne. L'étudiant est là, costume toujours enfilé. La jeune femme rougit. Elle détourne le visage un instant, avant de planter des yeux dans ceux de l'australien. Coup de foudre.

Le cœur de Joshua manque un battement. L'entrepreneuse rayonne. Elle est magnifique, et rien ni personne ne pourrait contraindre l'homme à observer autre chose que sa peau de soie. Même démaquillée, décoiffée par l'édredon, elle reste sublime. Ses cheveux, son odeur qui emplit la pièce, le jeune homme est charmé, incapable de dire mot. Il ne veut pas la brusquer, il espère que son intrusion ne sera pas signalée à son directeur. Après tout, il aurait pu la surprendre sans vêtements. Mais sa joie fut grande lorsqu'il la découvrit endormie telle une princesse. Il n'est pas de sang noble lui, les contes de fée c'est pas son truc. Mais il doit avouer que ce qu'il se passe en ce moment lui échappe totalement.

- Would you drink a glass of Champaign with me ?  

Ji-Minh papillonne des paupières, et l'esquisse d'une risette sincère se dessine sur les commissures de ses lèvres.

- Yes, I would love to.


La pièce déborde d’éclats de rires incontrôlés. Seraient-ce les effets de l’alcool se manifestant, ou bien la fatigue causée par l’avancée de la nuit ? Ni l’un ni l’autre n’a conscience du temps passé à converser. Les sujets se sont enchainés avec fluidité, passant de l’anecdotique à l’intime sans aucune forme de maladresse ou de gêne. Des cœurs se sont ouverts, des oreilles se sont montrées attentives. Désormais les coupes sont vides de bulles, et les deux étrangers nocturnes sont assis sur le lit de la chambre. Ji-Minh vient de jeter un œil à la montre, créant un silence involontaire. Oui, d’ici deux heures, elle remontera dans le taxi et repartira en direction de la Corée, tandis que Joshua restera ici une semaine supplémentaire, avant de rejoindre sa terre ensoleillée. Il serait dommage de ne pas avouer que le jeune homme se sent étrange. Devant lui, il est persuadé que se tient une femme qu’il ne doit laisser partir sous aucun prix. Au plus profond de lui, il sent que cette créature irréelle est sa moitié. Que penserait-elle s’il exprimait ses ressentis ?  
Ji-Minh ne peut détacher son attention de l’étudiant, et voudrait ne jamais le quitter. Si seulement cette nuit éternellement pouvait durer. Mais elle ne possède pas ce pouvoir, de faire cesser le cours du sablier. Que penserait-il si elle lui avouait vouloir le garder auprès d’elle ? Personne n’ose faire taire ce terrible blanc qui règne depuis des minutes interminables. Tous deux savent mais ne désirent l’admettre. Il est venu l’heure des aurevoirs. Joshua comprend au visage de la coréenne, et pose sa main sur la sienne. Elle a raison, ce serait insensé que de vouloir se lancer dans une relation de ce genre. La différence d’âge, la différence de culture, la différence d’origine. Ce serait insurmontable ; il est trop jeune, ils ont d’autres priorités. Ji-Minh offre à l’australien un sourire brisé, lui serrant la poitrine.

- Joshua, I hope you will success in your way. You deserve the best, because you are a marvelous boy.

- You’re an incredibly strong girl, I admire you. I’m young, I’ll experience in the future lots of things, I’ve time to play and to love. I just should first end my study and work hard. I think it’s the best for me.

- Yes, you are right. Well, in two hours, I have to come back home. So, I really should sleep now.

- I’ll let you sleeping a little. Have a nice night’s end. Maybe one day will we meet one more time ?

- We don’t know what life has prepared for us little boy.

Ji-Minh se lève, et guide Joshua jusqu’à la sortie, invitant un membre du personnel à quitter sa chambre, comme n invité d’honneur. Tous deux s’observent mutuellement une dernière fois.

- Goodbye Ji-Minh

- Goodbye Joshua

Et ils se quittent en ces termes. Lorsque la porte se referme, Ji-Minh colle son dos contre, et glisse assise jusqu’au sol. Plaquant son crâne contre le bois ciré. Des larmes filent sur ses joues. Pourquoi se sent elle si vide, alors qu’il n’était qu’une simple rencontre pour elle ? De l’autre côté de l’entrée, Joshua est accolé lui aussi, faisant tournoyer entre ces doigts la carte de visite de l’entrepreneuse. Un petit souvenir subtilisé, pour ne jamais vraiment l’oublier. Il s’est menti à lui-même, il pensait qu’il ne sentirait aucune douleur. Mais tout son corps ne souhaite plus répondre. Il a laissé passer sa chance, c’était le mieux pour lui. Séparés uniquement par une cloison, les deux êtres restent silencieux. Cette nuit, ils ne l’oublieront jamais.  

☰☰

- Joshua, you seem to have your head in the clouds. What are you thinking about?

Une main féminine à la peau blanchâtre entrecoupe à plusieurs reprises le champ de vision du jeune australien. Ramené à la réalité, il secoue doucement la tête, et se tourne vers la jeune fille à ses côtés. Sarah, une amie d’enfance. Ils se connaissent sur le bout des doigts, et avec le temps passé avec elle, les deux ne se cachent jamais rien.

- You’re so inquisitive my dear Sarah…

- Are you kidding me ? Stop being so mysterious and tell me. Recently, you look…funny. Are you okay ?

- Don’t worry, I’m totally fine. I just think about all that sort of things. Past, future, and others…

- Me too. We successfully passed our exams, now we can enter the real word’s world. Aren’t you excited ?

- I know I should be. But you see, I’m a little nostalgic. It’s like I achieved something I dreamt about when I was a child. I always thought I would be crazy happy to work in a great society. Now, I’m here, without any idea where I will work tomorrow.

- You’re disappointed I’m right ?

Pas besoin de répondre, Sarah sait lire dans les pensées de l’étudiant tout juste diplômé. Une accolade amicale lui est offerte, et un petit silence respectueux s’installe, tandis que les visions se portent sur le soleil se couchant au-delà de la plage. Il va faire nuit, l’air est frais. En cette période d’été, Brisbane afflue de touristes par milliers, mais il suffit de connaitre les recoins tranquilles pour se retrouver isolés du monde. Sarah se relève, époussette ses vêtements, et invite Joshua à la suivre.

-       A little party tonight ? It’s good for what you have.

- Why not, it would be a good medicine.

- I’m always on the right way of thinking my dear, come ! I’ve spotted a little pub in the town-center. My nose said me it’s a good place.

Les deux jeunes adultes, déterminés à profiter de leur soirée de liberté, et comme pour sceller à jamais un chapitre qui s’achèvent, trottinent vers le ferry qui les guidera vers une soirée amusante.


- 오래간만입니다지민 !

Une vieille dame, noble de tenue, aux longs cheveux blancs bien entretenus accueille Ji Minh à bras ouvert. Si longtemps qu’elles ne se sont pas revues toutes les deux. C’est toujours un plaisir pour la jeune entrepreneuse de retrouver sa grand-mère après des mois. Toujours aussi pétillante, toujours aussi énergique. Elle ne fait pas ses soixante-quinze ans. Comme à son habitude, le repas est prêt. Un doux fumet épicé encense toute la demeure de cette femme active malgré sa retraite. On ne chôme pas chez les Yoo ! Présidente du club de Hwa-Too, membre active d’une association pour la défense des droits des personnes âgées, et animatrice lors de club de cuisine le jeudi soir, Yoo Yon est fière de se sentir utile à la communauté. Elle invite d’un geste élégant sa petite fille à entrer, lui rappelant de bien vouloir ôter ses chaussures et emprunter une paire de pantoufle mise à disposition « spécialement pour la famille ». Tournoyant dans sa robe à fleur, elle guide à travers la maison Ji-Minh. De nombreux visages connus apparaissent aux détours des pièces. Des cousins, des oncles, des tantes : toute la famille s’est réunie pour fêter l’arrivée du petit dernier de la lignée. A peine un pied posé dans le salon principal, la jeune coréenne est assaillie de bonjours venant de tous les côtés. Répondant par une inclination, elle ne peut tout de même pas échapper à l’étreinte solennelle de Sung, son grand père. Le champ est enfin libre, pour rejoindre sa sœur cadette Hana, assisse au centre de tous les regards. Tenant dans ses bras un adorable petit garçon, elle le transmet avec une grande prudence aux bras de Ji-Minh. Yoo Jae Ho, emmitouflé dans des draps jaune poussin, émet un petit balbutiement tendre envers sa marraine. Attendrie par ce petit bout d’chou, Ji-Minh dépose son cadeau pour la jeune maman, et se laisse prendre au jeu des papouilles avec son neveu.

Rapidement, des coups de baguettes en bois contre des casseroles mettent en ébullition tout ce petit monde, qui en moins de quelques minutes s’organise pour débarrasser la pièce et installer la table. Tous se répartissent autour de l’immense antiquité que Yon refuse de mettre à la déchetterie, et préfère ornementer de nappes farfelues pour cacher la vieillesse du meuble.

- 맛있게 드세요!

Tous en cœur qui plus est ! Bientôt, la pièce se gorge de bruits de baguettes et de paroles dans tous les sens. Qu’il est bon de retrouver sa famille après si longtemps, repensa Ji-Minh, avant de dévorer le kimchi frais, spécialité de mamie.

Lyrics


Taille ; Cent soixante-seize centimètres

Poids ; Cinquante-six kilogrammes

Cheveux ; D'origine, ils sont aussi sombres que le charbon. Mais depuis ses treize ans, il les teint régulièrement. Dès lors, rose, brun, vert, orange, tout dépend de son envie.

Yeux ; Chocolat au lait


Apparence divine ; ///


Apparence ; Comme tu peux le constater, jamais la description d'Ismaël n'est aisée et cette particularité s'étend tout autant à son physique. Chacun ses gouts, chacun ses désirs. Un point de vue subjectif tel que le mien ne serait point en mesure de te dicter, Invité, la façon dont tu dois considérer ce garçon. Pour reprendre l'avis de ceux qui l'estimait avant son arrivée ici, je citerai les lignes de Kim Hwase, rédactrice au magazine Vogue Korea :

« [...] Eden n'est pas forcément le plus beau, ni le plus séduisant des hommes au premier abord. Mais il suffit de le regarder d'un peu plus près, de se concentrer un instant sur les traits fins qui parsèment son visage, de considérer cette aura de tranquilité qui l'accompagne, ses yeux profonds comme des abysses, et cette expression si caractéristique qui l'arbore, pour comprendre tout l'engouement qu'il peut causer. En quelque sorte, pour ressentir sa beauté, il est nécessaire d'être ouvert à la beauté. J'aurais tendance à qualifier sa beauté d'éthérée, car je ne possède dans mon vocabulaire aucun autre meilleur outil pour la caractériser. Je ne peux que vous inviter à consulter de vous-même son compte Instagram (ndlr : eden_bfly) pour vous faire une avis. Dans tous les cas, je suis persuadée que ce n'est pas la dernière fois que son profil apparaitra dans ma rubrique; sa popularité croissante peut-être le guidera vers de nouveau projet ? On ne peut que lui souhaiter de réussir !  »



Autres ;- Porte souvent des vêtements à manches longues
- Mange très peu



« Because no darkness or season can last forever »

Pseudo Ϟ Serfy

Âge Ϟ La douce majorité ♥️

Comment nous as-tu connu ? On veut tout savoir Ϟ Je suis un souverain déguisé :p

Avatar Ϟ V (Kim Taehyung) - BTS

Note du forum ? Ϟ 10/10, je l'aime trop lui ♥️

Avis Ϟ L-O-V-E

Le petit code c: Ϟ Pas besoin O:)

Un dernier mot ? Ϟ Potato Chips ♪



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« Si le papillon s'est brûlé à la lumière, la lumière a connu les ailes du papillon et les a aimées. »


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It’s all winter here, even in August. Is it true ? - Eden Sylwette
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