Prologue : Tâche d'encre
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MessageSujet: Prologue : Tâche d'encre Dim 4 Fév - 11:55



   
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☾ Prologue : Tâche d'encre  ☽

Tu inspires profondément, serres les poings et lève la tête vers l'arche qui te surplombe. Tes cheveux bercés par le vent virevoltent tels des épis de lin sur les berges du Nil. Ce monde, dans lequel vivent et survivent des milliers d'êtres insignifiants te surprendra toujours. Qui aurait pu croire, qu'un jour comme celui viendrait pour toi ? Tu jettse un dernier coup d’œil à lettre de Luke, puis la déchire en pièce. La brise légère éparpille les fragments de papier tout autour de toi, tandis que tu fais craquer chacune de tes articulations, chacun de tes os, chacun de tes cartilages, comme un rituel sacré.

Tu fais un pas en avant, franchissant cette limite qui sépare l'extérieur et l'intérieur de la cité. Une fois de l'autre côté, un frisson parcourt ton corps, et un redoutable sourire carnassier se dessine sur tes lèvres.
Ainsi tu es enfin dans cette ville, aux milliers de secrets. Cette cité au centre de tout, qui accapare l'attention des foules. Pour une fois, le petit blondinet avait raison. Tu te sens étrangement bien, comme si ces monuments, cette pierre, ces ombres et ces ruelles t'appartenaient. Tu as l'impression de te sentir renaître, de posséder un territoire immense qui s'étend jusqu'à ton horizon. Ton cœur déchire ta poitrine, et ton sang bouillant te brûle les veines. Tu ressens des auras peu importe où balaie ton esprit. Des anges, dans toutes les directions. Alors il disait vrai. Elle abrite vraiment beaucoup de monde n'est ce pas ? Peu importe le nombre de sujets, un royaume reste un royaume.

Tu repenses un court moment à une idée séduisante qui caresse ton encéphale depuis si longtemps. Imagine, redessiner sur une carte les frontières d'un territoire qui t'appartiendrait. Ne jamais relever ta plume, et toujours plus dévorer des terres. Que ce serait bon que de possèder cet endroit. Que ce serait bon de régner ici. Oui, tu te vois déjà Roi, et tu as raison. Cette ville est faite pour t'appartenir !
En suivant l'artère principale luxueusement pavée, tu passes tes phalanges sur les murs des maisons. Le matériau qui les constitue doit être fascinant. Tu devrais me plonger dans les livres laissés dans ton futur palais, vers lequel tu te rends actuellement. Le soleil est levé, et ses rayons bercent les ruelles désertes. Peu de monde dehors. Ce n'est pas habituel. D'ailleurs, tu n'as aucune envie de croiser sur ta route cette misérable demoiselle. Tu ne saurais dire où elle se cache, mais tu te fera un devoir de la traquer, puis de la tuer, pour terminer finalement ce combat passé. Tu as trop attendu. Repenser à elle te fait serrer les poings encore plus fort, et ton visage se crispe légèrement. Ce jour viendra, où ta vengeance implacable s’abattra sur son cou. Son sang coulera le long de tes bras, alors que tu lui arracheras le cœur.  Isabel, ton cadavre doit être exquis. Tu ris intérieurement. Cette idée te plait beaucoup.

Ton chemin est monotone, même si le paysage alentours mérite que tu le regardes. Tu savoures le silence, qui pour le moment règne ici. Il ne sera que de courte durée, car se profile dans ton cortège un orage fantastique. Au loin, une ombre gigantesque se peint sur le sol. Tu crois que les contours de la maire, cette immense bâtisse millénaire, sont visibles plus loin. Tu approches donc de la place publique, si tu te reporte aux plans de tes informateurs. Le palais est au nord. Tu dois passer devant d'autres bâtiments encore.Tu feras d'ailleurs un détour par le temple, qui t’intéresse particulièrement.

Tu débouches sur ladite place, après quelques minutes. Étrange, personne, pourtant... tu entends comme des claquements de talon dans ta direction. L'ombre se fait menaçante, et le vent s'accentue.

Que se passe-t-il ?

La réponse n'est pas celle que tu espérais. Les bruits cessent et une silhouette sort de l'obscurité. Au croisement, sa tête se tourne vers toi. Une seconde. Rien qu'une seconde, le temps se coupe. Dans ton esprit défilent milles images de ta mémoire, et ton sourire devient moue agressive. Tes prunelles s'assombrissent et se fixent sur l'être qui vient d'arriver. Elle est là. Son aura... tu la reconnaitrais entre milles. Tu sens le parfum de ses cheveux et de sa peau malgré la distance. Tu ressens son sang qui s'agite en elle, tu ressens son dégout qui lui ronge la gorge. Elle est là. De sa mine hautaine et de sa position supérieure, elle s'approche de toi. Sa chevelure châtaigne flotte dans le vent.

Ô Damned Town, quelles surprises lui réserves-tu donc ? T'offrir dès ton arrivée, sur un plateau d'argent, ta rivale depuis toujours ? Si c'est une seconde chance que le destin te tends, tu ne passeras pas à côté. Tu as mentit plus tôt. Tu espérais pouvoir croiser sa route, ne serait-ce que pour voir son visage déconfit devant toi. Tu as l'honneur de la rencontrer, dès ton arrivée. L'honneur de la dépecer dès aujourd'hui. Isabel... ton heure a sonné.

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MessageSujet: Re: Prologue : Tâche d'encre Dim 4 Fév - 11:59



   
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☾ Prologue : Tâche d'encre  ☽



Plus un bruit. Elle s’est immobilisée face à toi. Seule la douce caresse du silence accompagne par moment le souffle du vent. Au loin, une première détonation grondante retentit. Le vent ne vas pas tarder à se lever. Déjà des nuages s’amoncellent au dessus de ta tête. Tu es immobile, le visage braqué dans la direction de ton ennemie. Tu n'es pas tranquille, ton sang est agité. Tu ne dis mot, mais les fluctuations de ton aura parlent à ta place. Elle jauge, se détaille sous toutes les coutures, feignant un pas vers l’autre pour piéger. Tu sens que celle qui porte le titre dérisoire de « Reine des Anges » n’a pas chômé depuis votre dernière rencontre. Un coup d’œil sur son épaule te permet de remarquer son armement. En baissant ton regard, tu ne peux qu’observer l’armure finement portée par la demoiselle misérable. Futilités ! Que croit-elle cette garce ? Elle espère pouvoir t’empêcher de poser tes quartiers à Damned Town, là même où ta présence est la plus nécessaire ? Non, ce serait si inconscient. Et pourtant si peu étonnant venant de sa part.

Silence, toujours le silence. Elle ne semble pas déterminée à articuler un son. Soit, tu n’as pas vraiment envie de lui adresser la parole. La rancœur est encore forte. Tu ressens ton sang s’échauffer, tandis que de nouvelles images de ta mémoire traversent ton esprit. Instinctivement, ta main gauche vient se poser su le pommeau de ton arme. Ce jour est resté gravé en toi, et tu comptes bien l’effacer d’un revers de lame. Tu es prêt, à saisir toute occasion qui se présentera à toi pour y mettre fin. Faire cesser l’humiliation, faire cesser la vie d’une créature aussi exécrable que la peste. Elle est le jour, tu es la nuit. Elle est la lumière, tu es les ténèbres. Elle est sa vie, tu seras sa mort. Oui, tu ne comptes pas être tendre avec elle, les gens de son espèce mérite le seul châtiment qui convient à leur race, la Mort.

Ton aura serpentine étend son corps le long des bâtiments. Une constriction silencieuse, sournoise, laissant le mal envahir peu à peu la grande place de la cité. Les écailles de Kâa, ta crépusculaire atmosphère, absorbe la lumière environnante. Tu tournes la tête : le soleil est en train de disparaître derrière les nuages. Des ombres majestueuses se dessinent au sol, entourant ton corps de géant. Tu perçois des auras affolées, des pleurs d’enfants étouffés par des marâtres horrifiées. Les volets des résidences qui encerclent la pièce sont fermés. Comme si la vie s’immobilisait le temps d’un spectacle qui s’apprête à commencer. Ton grand spectacle. Toi qui préférait ne pas avertir de ta présence, il est trop tard.

Tes yeux d'or se posent sur le visage marqué de rage d’Isabel, puis s'attellent à scruter sans répit un tableau magnifique : une figure angélique défigurée par un courroux sans nom. Tu aurais presque envie de rire, si ton cœur n'était pas si insensible au monde extérieur. Tu te remémores la violence dont elle avait fait preuve quelques années plus tôt, qui avait ravagé ton palais, tué de nombreux de tes fidèles. Et cette brutalité, tu espérais la retrouver s'agiter devant tes yeux, telle la flamme d'une bougie se contractant désespérément sans oxygène. Le mutisme que tu imposes augmente la pression alentour. Bientôt, un éclair viendra déchirer le ciel ; s'il s’abattait entre vous deux, cela ne t'étonnerait guère. La tension est perceptible au toucher, un rien, et tout craque, éclate, dégénère. La ville entière retient son souffle. Il suffit d'une petite étincelle...

   
Eripuit coelo fulmen, sceptrumque tyrannis.


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MessageSujet: Re: Prologue : Tâche d'encre Dim 4 Fév - 12:04



   
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☾ Prologue : Tâche d'encre  ☽



Les auras se déchaînent. L'aigle pique de son bec, griffe de ses serres, tandis que ton cobra s'enroule autour de lui, lui crochète la peau pour le maudire. Délicieux. Deux bêtes qui affrontent au nom de leur maitre. Deux animaux ennemis de nature dont la haine ancestrale ressurgit. Combat silencieux, cependant perceptible. Les âmes qui t'entourent vibrent au rythme des sifflements de Kâa. Un léger bruit de volet retentit, des parents s'enferment pour protéger leurs enfants. Charmant. Dérisoire. Tu les croqueras bien assez tôt.

Tu ne peux pour le moment pas prendre l'avantage. La quantité d'ange couplée à l'aura écrasante de sa méprisée t'empêche d'écraser la place sous ta domination crépusculaire. Peu importe. Après tout, ce serait trop facile de n'avoir qu'à montrer deux trois tours de passe passe pour vaincre l'ennemi. Où est la ferveur guerrière, l'odeur du sang qui appâte les narines, le crépitement des flammes qui séduit les tympans ? Non, la représentation ne doit pas s'achever si vite. Ce n'est que le prélude, que le premier acte d'exposition. Son sérum sera l'encre se déversant sur les pages depuis ton stylo.

Ton humeur noire pulse dans ton corps. Ventricule, atrium, artère, veine ; le chemin se répète en un cycle effréné. Cette ardeur combattive que tu ressens sur le champ de bataille demande à ressurgir. Tes vaisseaux gonflent, tes muscles s'échauffent. Ton corps répond à l'appel puissant du plasma. Sentir en soi chacune de ses articulations retrouver l'irrigation de l'action. Ô divine hémoglobine. Que c'est merveilleux !

Non ad columbam salivae bufo.


Les dires de l'abominable créature en face de toi réussissent à écarter d'un millimètre le coin inférieur gauche de ta lèvre supérieure. Toi, un crapaud ? Elle une colombe ? Quelle comparaison indigne d'une gueuse. Hormis les ailes, Isabel n'a rien de l'oiseau céleste. Cependant elle aura les mêmes larmes lorsque sous ton joug, elle implorera ta pitié. Damned Town est sa cage, toi tu es son bourreau. L'heure a sonné petite colombe, le repas va être servi.

 
Tantum columba septum diebus vivet. Deo aeterna maledicta est.


Tu poses un pied sur le côté, puis te déplace en décrivant un arc de cercle autour de ta proie. Elle t'imite, pour ne pas changer. De ton regard d'or tu la jauges pour réveiller en elle la colère enfouie dans les obscures abysses de son esprit. Sors tes serres oiseau de pacotille que je te dévore.

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MessageSujet: Re: Prologue : Tâche d'encre Lun 12 Mar - 21:03



   
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Crissement hagard. Le dédain de la créature des nuages te répugnes. Ta lame vient de quitter sa demeure, ton bras tendu vers le sol laisse au fer le plaisir de goûter du bout de sa pointe les pavés de marbre. Combien de temps les architectes de cette cité se sont évertués à ordonner chacun de ses carrés décoratifs ? Un temps inimaginable à l’échelle humaine, et toi, tu prends pied à rayer cette délicate pierre au prix inestimable. Petit à petit, tu laisses des traces de ton passages. S’il le faut, tous les murs de Damned Town compteront sur leur corps une taillade fine et nette, marquant une fois de plus ta présence écrasante au sein de la ville. Bout par bout, parcelle par parcelle, tu repousseras la domination angélique, comme tu repoussas les armées de démons qui te refusaient l’entrée aux Enfers. Que c’est ironique. Malgré les années écoulées, ta haine est intacte. La détestation inaliénable associé au personnage méprisable qui te fait face est la raison de ta présence ici, de tes futurs actes, et de la victoire que sonneront les corps martiaux lorsque la guerre sera venue.

Votre valse préparatoire est pressurisante. Tu jauges les prunelles ardentes de ton ennemie jurée, et peux ressentir toutes les émotions négatives qui agitent son esprit torturé. Son calme et son orgueil ne sont que de la commodité, futile façade pour rester digne. Pitoyable, Isabel n’a pas changé. Elle est toujours aussi misérable, et même pire au fil des années. La vieillesse ne lui réussit pas, la sagesse semble quitter son corps en parallèle de l’écoulement du sablier. Le ciel est aussi noir que ton sang, le tonnerre gronde autant que ta colère. Tes pas sont mécaniques, tes muscles gonflés pour la bataille. Réaction épidermique. Ta peau appelle le sang de ta rivale. Ta respiration devient sifflante, tu accumules de l’oxygène. Cependant, jamais ton regard ne cesser de fusiller du regard la créature immonde.

Non est draco in forti percutiat tyrannus angelica.


Prouver son intelligence en citant de la littérature classique. Le comble pour une sotte qui se croit reine. Ce n’est pas si petite bassesse rhétorique qui suffira à t’impressionner. Au contraire, cela renforce ton impression négative. La petite fille pourrie gâtée copie ses ancêtres, comme un bon petit toutou. Elle suit ses enseignements à la lettre, prouvant à ses cher parents et sa chère cour à quel point elle est une bonne pigeonne. Et personne ne trouve rien à redire, comme toujours au Paradis. Rien ne change, tout s’empire. Où va le monde à cette allure ? Une bande de moutons dégénérés. Rien d’autre que du bétails suivant docilement les ordres antiques.

Les mains opalines de la princesse capricieuse se portent sur son armement. Elle est prête, en position de combat. Excellent, elle semble déterminé tout comme toi à croiser le métal. Elle se décide enfin à offrir sa vie sur un plateau d’argent. Elle va quitter ce monde dans un instant, de ta lame, de ta rage, de ta main. Fini de jouer, terminé les petites fioritures bienséantes. Il est venu le temps de la mort.

 
Hybris angelis genu terram tanguntor.


Tes doigts s’agitent, laissant glisser ton arme au creux de ta paume. Tu fais tournoyer l’uchigatana férocement. Ton visage se ferme, et tes yeux s’emplissent de la lueur de la faucheuse avant son repas. Kâa, ta belle aura serpentine, prépare dans ses glandes sub-manidbulaires son venin démoniaque. L’aigle royal est inquiet, une goutte de sueur coule le long du front de celle qui se fait nommer à tort reine. Tes pieds pivotent sans crier garde, tu files sur la droite, puis d’un appui martelé au sol, te propulse sur la gauche en diagonale. Flexion du coude, angle droit formé avec le tranchant. Ton corps se penche de quelques degré pour gagner en aérodynamique. Un éclair traverse le ciel, et ta lame raye le corps de l’arc d’Isabel. Si proche d’elle, tu ne résistes pas à la tentation de braquer en plein dans ses pupilles ton regard meurtrier. Imprimant dans la piètre boite crânienne de cette femme le visage de celui qui lui ôtera la vie en ce jour.

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MessageSujet: Re: Prologue : Tâche d'encre Jeu 12 Avr - 0:15



   
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Le choc des pointes résonne à travers la place, striant les tympans des plus sensibles créatures aux environs. Pendant cette fine fraction de seconde, où ton corps est si proche du sien, à travers sa peau tu peux ressentir le rythme effréné des battements de son cœur apeuré. En comparaison, le tiens est si calme. Alors, qu’est ce que cela fait de frôler la mort ? Dans ses prunelles, sa colère te fusille de toute part. Par tous les pores de son écorce, la misérable reine suinte de haine. Elle est pathétique à te résister, à faire face à la pire terreurs des Enfers. Elle retarde son exécution.

L’onde rasante de parade te repousse à distance de ta cible, tandis qu’un autre éclair s’abat dans le ciel tourmenté. Tu sais ce qui va suivre. Isabel fuit la confrontation au corps à corps, sachant pertinemment que ses minces chances de survie se réduiraient à néant. Son champ d’action est désormais dégagé, elle arme son arc.

Un tir, un échec. Ta lame s’est levée à toute vitesse pour percuter l’extrémité métallique. En cliquetis, la flèche ricoche au sol sans vitesse.
Deuxième tir, touché ! Le sifflement aiguë du projectile révèle son méfait. Ta joue se zèbre dans sa longueur. Aucune douleur, pas même un picotement ne déchire ton expression. Ton système nerveux n’est focalisé que sur une unique fonction élémentaire : tuer. Du sang noir s’écoule de ta blessure, suivant la courbure de ta mandibule, la pente de ta gorge, les courbes de ton avant-bras. Très vite ta propre hémoglobine déteint sur ton bras, ta paume, tes phalanges. Tu frissonnes. Douce sensation que de percevoir la caresse du plasma sur la pulpe de tes doigts.

Kâa s’agite dans ton dos. Ses récepteurs sensoriels s’affolent. Du sang, du sang, du sang ! Tes muscles se contractent, et se décontractent involontairement. Le sang appelle ton être, enflamme ton âme, décuple ton aura. Ton sang coule, et bientôt le sien jaillira.

Très vite, un second assaut se prépare. L’ange s’égosille en un hurlement bestial ridicule. Elle croit que cette démonstration animale suffira à t’impressionner ? Elle perd du peu de crédibilité de réserve qui lui restait. Si elle doit se donner du courage pour t’affronter, elle n’est pas prête à te vaincre de sitôt. Au même moment, alors que la guerrière se rue dans ta direction, un coup de tonnerre embrase le ciel. Des flammes gigantesques se dessinent, dévorant de leurs crocs brûlants les immeubles entourant la place publique. Tu sens une perturbation dans l’aura angélique, parfait. La traînée s’est détournée de toi pour déployer ses ailes et repousser les intrus humains et anges. Oui, elle n’aimerait pas risquer la vie de ses gentils concitoyens, ce ne serait pas acceptable de la part de la grande reine du paradis.

Toi, tu ne comptes pas passer outre cette diversion qui tombe à point nommé. En un claquement de doigt, tes ailes déchirent ton haut pour transparaître derrière ton dos. Elles émergent avec puissance, balayant l’atmosphère et soulevant la poussière glissée entre les pavés de marbre. Tu remontes tes manches, et amène ton bras proche de tes lèvres. D’un coup de langue, tu lèches ton propre sang. La saveur de rouille délecte tes papilles et empoisonne ton pharynx. Fantastique.

Tu places ton pied en recul, prend appui, et bondit en avant. Lame à l’horizontale, tu tentes un tranchant longitudinal, esquivé par l’agile imposture. Elle se remet en garde, prête à bander son arc. Mais toi, tu ne comptes pas lui laisser le répit de viser. Ton aura serpentine rôde autour de la place, cherchant de pauvres bêtes en proie à la panique pour les opprimer. Tu tireras la force de leur peur. Tes yeux d’or quadrillent la zone, recherchant le meilleur point d’attaque pour ta prochaine offensive, qui ne ratera pas.

Sanguen fluet tam rapida flumine.


Trouvé ! Une piste invisible se matérialise à travers tes pupilles. Un enchaînement risqué, pourtant terriblement exquis. Pas à hésiter, tu agis. Tu te propulses sur le flanc de ton adversaire, t’abaissant sur le passage pour asséner un coup de coude tandis que tu arrives sur les pas de ta rivale. En un rien de temps, tes mains actionnent ta lame pour découper son corps faiblard. Manque de chance, sa vivacité est encore haute, et elle pare. Immédiatement, tu poursuis avec une feinte. Tu débute une action sur la gauche, penchant ton corps dans la même orientation, mais subitement retourne tes paumes en moulinet. Ta lame effectue un mouvement circulaire et vient fouetter la cuisse d’Isabel. De fines gouttelettes d’un sérum rouge vif s’éjectent de la blessure.

Tu es repoussé à nouveau, mais peu t’importe. Ta lame est teintée de l’hémoglobine d’un ange, et cette merveilleuse constatation te suffit à renforcer tes pulsions de mort. D’abord un mince filet, enfin une mare immense. Tu rabat ton uchigatana à quarante-cinq degré vers le le marbre, en position pour parer une prochaine flèche.

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MessageSujet: Re: Prologue : Tâche d'encre Sam 5 Mai - 21:29



   
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Tes tremblements s’accélèrent, tes doigts sont incapables de s’immobiliser une seule seconde. L’appel du sang commence lentement à envahir ton esprit démoniaque. Tes paupières vacillent, tes muscles se contractent par spasmes incontrôlés. L’encre magmatique qui coule dans tes veines menace de déchirer tes artères. Si vite s’essouffle la pompe cardiaque : les cycles systoliques s’enchaînent et se déchaînent, claquant contre tes côtes depuis l’intérieur. Combien de temps encore avant de sombrer dans la colère ?  

Ta paume serre ta lame si fortement, tu pourrais briser ton arme. Tes yeux grondants scrutent la moindre action de ta rivale, surveillant depuis la distance son visage ridé par la suffisance. Toujours il exprime cette arrogance démesurée. La race de sous-hommes qu’elle représente en use depuis des générations pour affirmer sa supériorité sur vous, les démons. Personne n’est dupe. Personne ne se laissera longtemps bercer d’illusions devant une stature si déplorable. Les anges sont voués à la mort, et ce depuis qu’ils ont posé un pied sur le Paradis.

Ego dabo te in pavorem, quia deos ad testis !


Elle s’élance, et toi tu l’attends. Tu ne bougeras pas d’un pouce, laissant venir à toi l’agneau blanc sur le point d’être croqué. Le grand méchant loup encaissera l’attaque, avant de frapper. Ne t’écarte pas du chemin pauvre enfant, où les créatures de l’ombre ne feront de toi qu’une bouchée.

Une première flèche file dans ta direction. Elle est parée, de la pointe de ta lame. Tes réflexes activés te font réagir sans délai, une tentative si peu travaillée ne suffira pas à reprendre l’avantage. Isabel, tu as déjà perdu.

Tu suis le déplacement de ta piètre adversaire, observant avec attention la moindre petite parcelle dynamique exercée par ses membres. Isabel se propulse de ses ailes pour te lober, se posant juste dans ton dos. Coup manqué, tu es déjà retourné. Ta lame tranche l’air en circulaire, forçant la petite trainée à esquiver sur le côté. Tu mobilises tes ailes, t’élevant à un mètre du sol pour mieux l’écraser.

Une seconde flèche file. Le choc te déboîte l’épaule. Le projectile s’est logé en superficie, dans ton grand dentelé. Le métal écarte de ses crocs les fibres musculaires composant le haut de ton thorax. Ta musculature très développée est résistante, la flèche ne peut s’enfoncer plus loin. Tu te poses au sol, lentement, silencieusement.

Rien, pas un râle de souffrance, pas un soupire de déchirement. Rien ne s’est échappé de tes lèvres closes. Si ton cœur n’était pas de pierre, tu rirais à en perdre la raison. Si longtemps que vous croisez le fer et pourtant, elle n’a toujours rien compris. Tu n’es pas un démon lambda, tu n’es pas comme tous les autres bestioles qui pullulent en Enfers. Non, toi tu es capable du pire. Tu n’as pas de limite, tu n’as pas de sauvegarde, tu n’as pas de système d’immobilisation. Lorsque tu es lancé, plus rien ne peut jamais t’arrêter.

La joie, la peine, l’anxiété, l’amour, la douleur. Sentiments futiles et inutiles dont tu es imperméable. Pas un seul petit flux d’émotion ne peut altérer ton jugement. Tu es insensible. Insensible aux manifestations psychologiques que les humains nomment avec tendresse « affects ». Rien ne t’affecte, rien ne te tourmente. Sauf une chose : la colère.

Du feu bouillonne dans ta cage thoracique. Kâa s’agite, se trémousse, l’heure du repas sanguin est arrivée. Le grand méchant dragon va désormais pouvoir se repaître de l’agneau écervelé. Engraisse un ange comme tu engraisses une oie. Laisse-lui sentir la fierté puante de son acte dérisoire. Laisse-le rire à gorge déployée, laisses-le s’empêtrer dans sa calamiteuse condescendance. Puis lorsque la faim se manifeste dans ton estomac brûlant, attrape-le de tes mains, et déchire-lui la peau de tes dents. Oui Isabel, guide le docile bétail céleste jusqu’aux abattoirs infernaux. Le boucher qui tranchera les corps se tient face à toi.

Ta tête se tourne vers la silhouette de l’autre roulure. Tes sourcils se sont baissés, unique signe extérieur du torrent d’éclair explosant en toi. Ils encadrent ton regard. Tes yeux déclament les flammes qui consument ton âme obscure. Tu vas la buter. Tes griffes se portent à ta blessure. D’un coup sec, tu brise le carreau en deux, laissant dans ton épiderme la pointe métallique. Tu jettes au loin le morceau : il ricoche sur les pavés de marbre avant de se figer.

In nomine daemonibus radici, quia pulvis es et in pulverem reverteris, istud fatum signans est.


Les pupilles d’Isabel se tournent vers le bois tandis qu’il roule, lorsqu’elle se recentre sur toi, tu n’es plus là. Pas un bruit, le tonnerre retient son souffle. Une fraction de seconde plus tard, tu reparais dans son dos. Et alors que s’abat un éclair spectaculaire à travers la voute céleste, s’abat le tranchant de ton uchigatana sur le dos de l’ange. Tu sectionnes son carcan, le décollant du derrière suant de ta rivale, et ancres au passage dans les épithéliums de la reine, une croix satanique traversant son dos dans sa largeur. Elle se retourne, pour n’apercevoir qu’une plume sombre encore en mouvement. Très vite, elle comprend que tu si tu n’es plus derrière elle, tu te situes ailleurs. Ton ombre se projette sur la place publique. Tu es juste au-dessus d’elle, et telle la faucheuse, tu vas faucher sa vie.

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MessageSujet: Re: Prologue : Tâche d'encre Lun 28 Mai - 3:08



   
Feat Isabel Rosenthal & Keithan S. Kahara

☾ Prologue : Tâche d'encre  ☽

Ta colère est à son paroxysme. Il est inutile de détailler à quel point tu pourrais commettre la pire des atrocités à la seconde où tu briseras tes chaînes. Tu guettes de l’œil la dame encapuchonnée au centre de la place, puis ta rivale abominable en proie à un respect dégoutant. Celle qui se permet de jouer la comédie ne te plaît guère. Sa démonstration de force théâtrale te donnes envie de lui arracher ses paumes à la gloire de tes incisives. Il suffirait juste de les planter sans douceur à travers son épiderme, et de mordre toujours plus fort pour atteindre l'os. Ta mâchoire d'acier se refermerait tel un prédateur sur le membre sanglant. Secouant la tête, tu arracherais toute la chaire, et injecterais dans le plasma de ta victime le venin le plus mortel. Et tu observerais la proie se tordre de douleur, se contorsionner sous l'agonie. Elle te supplierait de l'achever, et toi tu refuserais. Ô, quelle délicieuse parodie que d'interpréter ce rôle fantastique. Tu te lècherais les babines si ton cœur n'était pas de glace et de roche.  

Mon nom est Marie Klinton, et je protège Damned Town au prix de mon existence. Je n'ai d'ordre à recevoir de quiconque, et je ne laisserai personne troubler la vie paisible que souhaite mener toute âme errante au sein de la cité. Je prendrais tous les risques nécessaires pour assurer la pérennité de la ville, quitte à en payer le plus lourd des fardeaux. Ma décision est prise.


Marie Klinton. Ce nom restera gravé au plus profond de ta mémoire. Chaque jour de ta vie, tu traqueras cette créature qui osa te manquer de respect, et tu la tueras de tes mains. Personne ne peut t'humilier de la sorte. Un affront inadmissible, dont la mesquinerie usitée sera condamnée par le tranchant de ton arme. S'il ne s'agissait que de force pure, tu aurais mis à terre ces deux donzelles misérables pour les écraser de tes chaussures. Or, tu ne combats pas à armes égales. Laisse le temps au temps, tu te prépareras.

Et tandis que tu écoutes d'une seule oreille les lois édictées par le sac de sable, tu mets en action tes méninges. Elles tournent, s'échauffent, s'affairant à transmettre à travers les neurones, des informations électriques dans toutes les directions. Dendrite, corps neuronal, axone : le cycle se répète à l'infini. Tu poses mentalement les pions sur l'échiquier de ton esprit, renverse les cavaliers adverses, fait tomber les tours une à une, sans laisser le moindre espoir à ton adversaire virtuel. Ta stratégie s'enracine en se nourrissant de ta colère profonde. A peine arrivé, tu imagines déjà le grand final. Tu vois des armes, tu vois des hommes, tu vois du sang. Des flammes s'élevant au-delà des bâtiments. Tu vois des larmes et de la sueur, des cadavres jonchant les dalles. A travers la cité tu contemples un spectacle effroyablement délicieux. Tes pupilles dilatées brillent d'un éclat ocre-doré. La victoire brillera dans ton sillage, et des cendres du Palais des Anges s'érigera le premier symbole de ton pugilat. Isabel, le temps viendra où elle périras sous tes coups. Et depuis ce duel au sommet, un pas de plus vient de t'en rapprocher.

Rien ni personne ne pourra m'empêcher d'accomplir mes volontés.


Relevant la tête, tu observes une dernière fois Marie. Sa silhouette te seras familière dès à présent, et plus jamais tu n'oublieras ni sa voix, ni les sensations associées à sa présence. Les lois, elles sont inscrites dans ton hippocampe. Juste auprès de ton rêve de tuer la reine des anges. Toi, Dragon, tu t'installeras dans cette ville, et fera de Damned Town le plus grand avant poste des démons. L'ultime rempart face à l'impérialisme céleste. Un sanctuaire.

« Iamque erat in totas sparsurus fulmina terras sed voluit, ne forte sacer tot ab ignibus aether conciperet flammas longusque ardesceret axis esse quoque in fatis reminiscitur, adfore tempus quo mare, quo tellus correptaque regia caeli ardeat et mundi moles obsessa laboret »


Tu portes l'épée des Enfers. De sa lame pleuvra la mort sur le Paradis.
La terre fera chuter le ciel, le mal vaincra le bien.
Et les démons reprendront le pouvoir.
Tel sont les rêves du Dragon.
Rêves qui bientôt deviendront réalité.

(c) codage by Serfy


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Crédit pour l'image de base de l'avatar : © SnowyOwl119
 


이 모든 게 다 꿈인 것 같아

« Si le papillon s'est brûlé à la lumière, la lumière a connu les ailes du papillon et les a aimées. »
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