Des flammes pour la couleuvre
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MessageSujet: Des flammes pour la couleuvre Jeu 31 Mai - 23:56

   
   
   
   
   
Feat Hannathème Lormys & Keithan S. Kahara

   
☾ Des flammes pour la couleuvre ☽

   


Les bûches s’effondrent dans la cheminée en un légers fracas. Happées par le monstre de flammes, ses crocs acérés déchiquettent le bois, craquant l’écorce, déchirait les méristèmes, buvant la sève à pleine goutte. Un fin crépitement s’échappe au loin de la cheminée, témoin d’un meurtre passionné. Combien de temps la bûche pourra-t-elle survivre au sein de cet enfer de feu ? Une fois consumée, ses cendres s’étaleront dans le bas-fond de l’édifice, et finiront jetés à la rue au détour d’un quartier. Et l’ancien combustible sera remplacé, par un nouveau tout aussi peu armé et préparé à l’affrontement. Cruels hommes qui sacrifient des troupes pour leur seul bienfait, indignes généraux bien trop intéressés. Le cercle de la guerre, ainsi usité. Engraisser toujours plus le bûcher, pour ne jamais cesser de brûler. En observant du coin de l’œil ce spectacle abominable, tu ne peux empêcher ton esprit de divaguer un instant. Tu imagines, au milieu de la place publique, une immense potence enflammée, réservée à ces vicieuses créatures qui peuplent le ciel. Que ce serait exquis, que de vor s’envoler en poussières un peuple entier. Le feu purge les âmes, et élimines les saletés. Le feu, c’est la rédemption. Toi, le souverain des démons, tu viens de la terre du Feu, et tes forges s’agitent à fabriquer des armes pour remplir tes réserves. Il n’est jamais de trop d’assurer ses stocks, dirait un bon marchand.

Reposant contre le bord du bureau d’ébène ton dernier rapport économique, tu déplies une enveloppe de papier. Marquée du sceau d’un autre grand souverain infernal, tu arraches le repliement supérieur et le jette au feu. Puis d’un geste sec, tu laisses glisser la lettre hors de son étui sur la console. Le seigneur Talos, maître des terres de l’Ouest, te revendique dans une longue missive sa fidélité. Une lueur de stratégie traverse tes prunelles d’agate, tandis que tu ranges le message dans le premier tiroir à ta disposition. Là, une pile méticuleusement rangée de billets conservés te supplie de leur offrir la liberté. Mais sans pitié, tu refermes la poignée, enfermant à jamais tes prisonnières dans une prison boisée. Te penchant sur la droite, tu constates un dernier rapport à consulter. Ecrite à l’encre rouge, l’indication urgent recouvre le haut de la pochette cartonnée. En général, tu ne laisses jamais tes messagers jouer avec les mots. Une précision de la sorte ne peut être abus inadéquat. En soupirant, tu défais l’emballage, et extirpe un parchemin manuscrit.

Rapport de mission du lieutenant JOUKOV :  

Votre Excellence,

Vos troupes ont repris des mains de la vermine le bastion du Puit de Souffre, où pullulait les infidèles créatures au service de la Tarentule. Nous comptons parmi nos rangs cent blessés, et trente-quatre décès. Chez l’ennemi, les punitions mortelles s’élèvent à deux-cent-quatre-vingt, dont trente prisonniers. Nous avons suivi votre stratégie, et elle s’est montrée encore une fois ingénieuse. L’attaque fut si rapide que les félons n’eurent le temps de riposter. Comme vous l’aviez ordonné, les enfants ont été épargnés. Désormais, nous nous dirigeons vers la colline de Fer, afin de détruire l’avant-poste de l’araignée. Quels sont vos ordres concernant la prochaine offensive ?

En l’attente de vos conseils avisés, je vous prie votre Excellence, d’accepter mon fidèle respect, et ma sincère admiration. Gloire au Dragon !

Lieutenant Joukov


Tes traits se tiraillent à peine, et une expression de satisfaction s'ancre dans tes iris dorées. Un travail effectué dans les temps, selon les modalités exigées et avec des résultats à la hauteur de tes attentes. Ce lieutenant sera récompensé comme il se doit dès son retour. Des hommes de sa trempe, il en manque dans cette ville où tu croupis, pour jour après jour imaginer des plans. Tu dois mettre fin à la domination d'Isabel. Ton entrevue musclée deux mois auparavant te laisses un goût amer sous la langue. Comme une pomme acide croquée trop vite. Tu repenses aux évènements, serrant les poings de colère rien qu'à l'image de la cape de sable balayant les dalles de marbre de la cité. Un échec, au moins partagé par les deux camps. Or un échec reste un échec, et donc par extension intolérable. L'envie de venir frapper directement à la porte de la trainée te hante chaque jour qui s'écoule un peu plus. Tu te retiens, ajoutant méditation et lecture à tes soirées au temple. Du moins, quand celles-ci ne sont pas interrompues par des fouineuses un peu trop dévergondées.

Dehors il fait nuit, tu te dois d'allumer une bougie supplémentaire. Tu pioches dans un bac proche de la bibliothèque une bûche et la dépose dans l'antre de la bête. Tu contemples la langue de braise lécher la cellulose du bois, laissant sur son passage sa bave brûlante. Puis soudainement, elle l’engouffre entièrement sans prévenir. Son hoquet crépitant reprend de plus belle, et tu retournes t'asseoir. T'armant de ta plume et de ton encrier, tu commences la lettre de réponse à ton soldat. La tactique militaire est déjà murement réfléchie depuis plusieurs jours, à toi de la décrire avec précision.

Tu entames déjà les courbes des premières lettres, quand tu t'immobilises. Un frisson parcourt ta nuque, et descend le long de ta colonne vertébrale, chatouillant de ses doigts nerveux tes épines. Une aura, une puissante aura est perceptible. Kâa s’agite dans ton dos, secouant de toute ses forces sa cascabelle. Le glas funeste annonce l’arrivée d’une personnalité non désirée. Reconnaissable entre mille, la demoiselle en approche ose faire l’affront de poser ses pieds en cette ville ? Puis tu te ravises, comprenant le subterfuge. Un picotement dans ta cage thoracique, un pincement au niveau du genou, un tiraillement contre les lombaires, rien ne peut te tromper. Derrière le costume animiste est dissimulée une créature dont la présence en ces lieux ne t’avait pas manquée. Tu peux ressentir ses mouvements, bercés par la lumière lunaire au dehors. Tu perçois sa colère, son aura crépusculaire vibre. Inconsciemment, ton aura serpentine s’agite, et longe le sol en direction de la porte. Plus elle se rapproche, plus ses pas lourds résonnent depuis l’escalier. Kâa est en émois, madame est rentrée. Ses yeux reptiliens tentent par tous les moyens de regarder à travers la serrure, et sa langue scindée tâte les vibrations auréiques alentour.

La porte s’ouvre, et une ombre pénètre ton bureau. Sans un bruit, le bois se referme. Immédiatement, Kâa s’enroule autour de la visiteuse, manifestant la joie de son retour en glissant contre son corps satiné. Tu ne lèves pas la tête, impassible, les globes oculaires rivés contre la copie. Tu rappelles à tes pieds le cobra, qui se couche sur le ventre en dessous du bureau. Face à toi, dans le plus grand des silences, se tient debout la deuxième démone la plus célèbre des Enfers. Ta chère vipère, ta chère seconde. Hannah. Cache ta joie Dragon, tu ne sembles pas particulièrement enjoué de la retrouver. Ton expression ne se déride pas d'un pouce, tandis que ta voix caverneuse s'élève dans la pièce.

     
Il me semblait t'avoir ordonné de toquer et de demander la permission avant d'entrer.  Je suppose que c'est encore de trop pour toi, Hannathème ?

   

   
©️ codage by Serfy

   

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이 모든 게 다 꿈인 것 같아

« Si le papillon s'est brûlé à la lumière, la lumière a connu les ailes du papillon et les a aimées. »
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MessageSujet: Re: Des flammes pour la couleuvre Ven 15 Juin - 14:55

 
 
   
   
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☾ Des flammes pour la couleuvre ☽



Silencieusement, la démone pénètre l'intimité de ton bureau. Ouvrant la porte du bout des doigts, elle se glisse au sein de la pièce, envahissant un peu plus ton espace vital si cher à tes yeux. Son aura végète, étrangement tranquille, laissant la tienne dominer le jeu des retrouvailles. Surprenant. Qu'en est-il ? Elle qui d'habitude exprime avec frivolité exacerbée ses sentiments, se perd dans des tirades extravagantes interminables, joue une comédie ennuyeuse à souhait. A la perfection, elle incarne l'immonde Antigone de la tragédie de Sophocle. Encore faudrait-il que ta seconde n'ait acceptée de lire cette œuvre : la lecture est une passion mettant à l'épreuve ses capacités intellectuelles. Accablée, faussement écœurée, la démone languit généralement de malheur en prenant les spectateurs à témoins, espérant trouver réplique cinglante à se mettre sous la dent. Sauf que non, à cet instant précis où la Lune caresse de sa pâleur scintillante sa peau, son corps reste immobile, au pied de la porte. Qu'attend-elle ? Elle ne croit tout de même pas imaginer quelconque marque de conversation de ta part ? Pas le genre du Dragon. Le Dragon est glacial ; il est imperturbable. La présence de la démone indique à elle seule l'exécution correcte des fauteurs de trouble. Ta tolérance suffit à honorer la réussite de la mission. Pas question de l'accueillir en héroïne, ni de lui jeter le susucre en caressant d'une main son pelage flamboyant. Un adulte digne de ce nom n'attend rien en retour, il n'est pas animal de compagnie à récompenser.

Toujours aucun geste. Tu sens par dessus ton nez cerclé d'une paire de lunettes noires que le visage de ta chère seconde est perdu sur ta personne. Tu soupires intérieurement. Quel est cet air de chien débile qu'elle arbore ? Décidément, elle n'est dans la meilleure des conditions ce soir. A force de jongler avec les fioles de poisons, les toxines finissent par déteindre sur leur créateur. Qui sait quelle substance n'a-t-elle pas ingéré ? Cela ne t'étonnerait guère. Parfois, cette femme agit dans un illogisme qui te dépasse. Tu ne comprends pas toujours le fonctionnement de ses deux neurones enflammées, même au bout de deux siècles de vie commune. Hannathème continue de te réserver des surprises. Trop souvent désagréables ces surprises. Comme en ce moment même. Elle doit préparer quelque chose, mijotant en secret son plan diabolique pour porter tes nerfs à rude épreuve.

Sa passivité, son inactivité commence à t'agacer. Bouge enfin, plutôt que de rester à attendre. Ta main tremblote, empêchant tes phalanges de former des lettres lisibles et bien construites. Son aura agitée contraste avec ses membres inactifs, traduisant une puissante émotion. Cette sensation distord son épiderme, et l'expression de son visage est indéchiffrable. Quelque chose ne tourne pas rond avec cette femelle, illustrant les créatures de sa gente. Toi qui pensait profiter d'un petit peu de repos loin de ses colères spectaculaires, tu dois te rendre à l'évidence : elle est de retour, et avec elle s'envole tout espoir de vie paisible. Quel gâchis. Elle ne t'avait pas manqué.

Tes mots résonnent en avertissement. Puis plus un bruit. Après le calme, la Tempête, dit le vieil adage populaire. Les flammes de l'Enfers s'apprêtent à se déchainer. L'aura de ta seconde jaillit comme un volcan, éclaboussant les meubles, les murs et le sol tout juste nettoyé. Kâa, ton aura serpentine, remue sa cascabelle en signe d'approbation : la violence est son péché mignon. Aux quatre coins du palais, l'effroi se manifeste. Tu peux imaginer tes domestiques se réfugier transis de peur dans les sous-sols, craignant pour leur propre vie. Un conflit entre deux bêtes sauvages est plus terrifiant que la mort. Mettez des étincelles sur un tas de bois immense, et le brasier éclatant ravagera les terres. Écaille contre écaille, crachat de venin contre souffle de flammes ; l'heure du glas sonne dans ta demeure.  

   
Tu ne m'ordonnes rien, tu me conseilles tout au mieux. J'ai voulu entrer, je suis entrée, ça s'arrête là, sans aucune remarque de ta part.




Tu lâches ta plume. Elle se cogne contre le bois de ton bureau, avant de rouler jusqu'au sol. Elle renverse sur son sillon l'encrier, déversant sur tes feuilles son liquide noir indélébile. Tu soupires bruyamment. Trop beau, trop beau pour être vrai. Personne ne peut changer le démon lorsqu'il est barricadé dans sa propre personnalité. Elle recommence ces petits manèges qui ont le don de te mettre hors de toi. Non, ce n'est pas ce que tu es Hannathème, tu es une emmerdeuse de première. Ses caprices à la noix, ses pétages de plomb insensés, ses foutus crises de colère. Ton bureau, lieu de paix, est conquis par l'expression d'une gamine pré-pubère en manque d’existence. Pourquoi faut-il toujours qu'elle cherche à se faire remarquer celle-la ? Ne peut-elle pas comme tout adulte qui se respecte, attendre sagement devant une porte le signal avant d'entrer ? Est-ce trop de demander le respect d'une intimité ? Tu as mentis. Tu pensais tenir plus de deux minutes sans t'énerver. Raté il semblerait. Tu es déjà plus qu'agacé.

Tes yeux fixent un point invisible en direction du meuble, tentant par toutes tes forces de calmer la rage sourde qui s'éveille depuis tes entrailles. Réaction épidermique, paroles anesthésiques, poings extatiques. Ta seconde provoque dans ton organisme des successions de vagues de froid et de chaleur, marquant à la fois l'endormissement du calme suprême qui t'habite, et l'appel de la colère devant cette créature qui se croit tout permis. Non, rien ni personne ne pourra jamais l'autoriser à agir à sa guise sans ton approbation, parce qu'elle est ta seconde, parce qu'elle est sous tes ordres. Milles et une missions, milles et un succès, milles et une batailles, rien ne pourra jamais justifier un manque à tes lois. Tu as toujours le dernier mot, peu importe le contexte. Le roi, c'est toi. Si c'est non, alors c'est non. Et personne ne mérite d'avoir à y redire.

En toi, une voix caverneuse s'époumone. Tes muscles subissent des contractions incontrôlables, et tu grinces des dents pour éviter de te lever, et d'en coller une droite à cette putain d'enquiquineuse. Tu es incapable de ne pas partir au quart de tour avec elle, c'est comme de l'huile jetée sur un feu. Tes poings se serrent, tandis qu'Hannathème s'envole dans des tirades vides de sens et maintes fois répétées. Ces reproches, tu les as déjà entendu, tu les connais par cœur. Et tu détestes avoir à te répéter. Ton sang corrompu claque contre les parois de tes artères. La bile noire récupère son territoire sanguin. Les cris, la voix tiraillée insupportable de la démone t'exaspèrent. Tu sens au plus profond du palais les auras des domestiques se blottir et se rétrécir au maximum pour disparaître.

Évidemment. Pour terminer en beauté sa réplique d'acteur déchiré, la vipère se poste devant toi, frappant violemment la console et braquant dans ton regard d'agate le sien d'émeraude. Le jaune et le vert, deux couleurs incompatibles et non complémentaires. Palette du peintre : mélangez du jaune et du bleu pour faire du vert. Machine de l'éclairagiste : combinez du vert avec du rouge pour faire du jaune. Selon le disque chromatique sélectionné, le constat est opposé. Cependant toujours l'une des couleurs est à la base de l'autre. Reste à savoir quel est le disque à accepter. Cette fois s'en est trop, elle dépasse les bornes de loin. Si elle veut que tu puisses la respecter, alors elle doit se soumettre à ton autorité. Plus elle te défiera, plus tu la remettra à sa place. Tu n'es guère à une leçon de hiérarchie de plus ou de moins.

Tes prunelles dorées soutiennent l'ardeur de la démone, et dans tes iris se lit toute la violence et la colère qui sont maintenues enchainées en toi. Elles ne demandent qu'à se délivrer, et à exploser en un champignon mortel. Ton aura est déployée dans sa longueur, et le corps écailleux de Kâa reflète les rayons lumineux dans toutes les directions. Sa langue cisaillée lèche et bave sur ta seconde. Il aime tellement la violence, il n'oserait se priver de son repas favoris. Un fin pont expressionniste se déploie entre vos deux cornées, et les éclairs de vos volontés s'affrontent d’œil à œil. Elle ne lâchera rien, et toi non plus.

C'est terminé ? Lorsque je te demande quelque chose, tu ne discutes pas. Le respect est une valeur qui ne semble toujours pas acquise. Tu te calmes, et tu baisses d'un ton. J'ai du travail.


Tandis que ta voix grave infernale s'exprime, ta main gauche, issue de ton bras tatoué, enserre le poignet gauche de la démone. Tu ne comptes pas diminuer ton étreinte, tant que le calme ne règnera pas à nouveau dans ton bureau. Les fauteurs de troubles, ils vont dehors s'ils ne veulent pas cesser leurs enfantillages. Quitte à les mettre à la porte à coups de pied ou de lame. Tu l'as entendu Hannathème ? Ferme la et ne joue pas avec moi.
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