Until the spring comes again
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MessageSujet: Until the spring comes again Mer 6 Juin - 12:45
Until the spring comes againThe passing of a year can bring a marked change in the weather and the surrounding environment. The four seasons can vary significantly in characteristics, and can prompt changes in the world around them. But, if I live in the winter, when will spring come again ? ( Atmosphere → Hey Now - London Grammar )Ismaël se sent flotter au dessus du vide. Une impression de profondeur, étendue sous son corps allongé. Au moindre geste, risquerait-il de tomber ? Aucune conscience du monde extérieur, rien que les battements calmes de son cœur, dessinant dans son esprit des céphéides de lumière. Est-il éveillé ? Non, pas encore, il dort. Perdu au milieu de ses songes, il se sent si bien. C'est comme s'il baignait dans un océan de coton, et que le soleil brillait de toute part d'une clarté diffuse. Ce monde est le sien, sa deuxième maison.

La conscience du petit homme s'étire, baille à s'en décrocher la mâchoire. Elle déploie un à un ses pétales gracieux, et caresse du bout de ses doigts son crâne lourd. Combien de temps s'est-elle absentée ? Elle glisse sur le carrelage de neurones, passant ses phalanges sur les souvenirs entreposés ci-et-là. Ouf, elle n'a manqué qu'un épisode. Dans une série, un simple petit épisode d'une cinquantaine de minutes n'est pas de si grande importance. Elle le regardera plus tard, à l'occasion. Tournant la cuillère dans sa tasse de macchiato fumant, elle contemple l'éveil des mécanismes, la mise en route des systèmes.

Ismaël sent un léger fourmillement envahir son corps. Une à une, chaque parcelle de son organisme retourne à la vie, l'énergie se déployant dans ses muscles. Il émerge, comme après une longue léthargie. Son visage est endolori, une fine pellicule de sable du sommeil recouvre ses paupières closes. Il est temps d'ouvrir les yeux petit homme. Dehors, au dessus de lui, le ciel se colore d'une teinte rose pâle, semblable à celle de ses cheveux. Le jeune australien essaie de se relever, et au prix d'un immense effort, il se hisse sur son bassin, s'asseyant sur ce qui semble être des marches de marbre. Il pose sa main contre la pierre, ressentant toute la fraîcheur du minéral. Son dos courbaturé le lancine, et dans sa tête galopent des nuages. Il n'est pas vraiment du matin...

Quelle heure peut-il être ? Six, peut-être sept heures. Le soleil se lève sur une immense place, vide de toute âme qui vive. Ses rayons s'élancent à travers les ruelles concomitantes et projettent des ombres sur les murs des bâtiments. Ismaël tourne la tête, observant de ses prunelles papillonnantes les alentours. Où est-il ? Comment est-il arrivé ici ? Il tente de se relever brusquement, puis retombe à terre. Son cœur bat si vite, il est à bout de force. Il devrait attendre et récupérer encore un peu. Et puis, ce n'est pas comme s'il était pressé.

Sur ses jambes fines s'étend une épaisse couverture. Entre pouce et index, il en tâte la consistance : nylon, peut-être du lin ? Le plaid est doux comme le sable de la plage, et porte les couleurs des grains. S'enroulant dedans pour ne pas attraper froid, le petit homme calme sa respiration affolée, et tait les questions qui taraudent son esprit. Passant sa main derrière son cou par nervosité, il manque de décrocher sa boucle d'oreille oubliée. Avant son endormissement, il se souvient de l'hôpital, des alertes sonores régulières, de la présence rassurante enveloppant sa chambre. Plus rien désormais. Une ville inconnue, jamais décrite de vue, le souffle paisible du nordet, et une absence. Serait-il tombé dans une ville fantôme, dépeuplée de ses habitants ? Il ne l'espère pas, terrible serait la peine de se retrouver en face à face avec la solitude dans un endroit mystérieux et inconnu.

Lorsque enfin empli de vitalité, Ismaël daigne se percher sur ses appuis, il admire, abasourdi, la plus grande construction de la place. Sur la façade, des inscriptions en police élégante dessinent un nom : Mairie. Une large porte s'ancre à travers la pierre, délimitée d'une encadrure soigneusement taillée. Ravissant. Si seulement il avait son polaroid, il pourrait immortaliser ce chef d’œuvre architectural. A quelques pouces de l'entrée, une grande gravure occupe l'espace mural. Le petit homme, avant de s'en approcher, prend soin de retirer ses chaussures, pour laisser ses petons respirer. C'est donc pieds nus, enroulé dans un plaid grain côtier pour dissimuler ses vêtements d’hôpitaux, les cheveux roses ébouriffés par la brise, qu'il s'approche.

Lois de Damned Town. Damned Town ? Quel nom étrange.  

Un moment lecture s'improvise. Ismaël prend soin de noter dans une case de son encéphale les règles inscrites dans le bâtiment municipal, il vaut mieux être informé des droits et devoirs de chacun. Une fois son quart-d'heure d'activité terminé, il reprend son inspection, cherchant des réponses aux interrogations se bousculant en file indienne à l'intérieur de son esprit brumeux. Par où commencer ? Quel chemin emprunter ? Une idée jaillit de son esprit : d'abord, trouver un être humain vivant et non hostile pour converser, et en apprendre plus sur les raisons de sa venue. Seul espoir, toquer à la porte et espérer obtenir une réponse. Soit, la décision est prise ! Ismaël rejoint l’entrebâillement, et frappe trois coups contre le bois. Aucune réponse. Il recommence, déterminé. Toujours rien. Jamais deux sans trois ? Là, un cliquetis de métal raisonne depuis le pas, et en un grincement sourd s'entrouvre les gardiennes du jardin intérieur.

Il est encore tôt, la mairie n'ouvre qu'à huit heures. Puis-je savoir la raison de cet acharnement ?

Un visage marqué par des rides sillonnées dépasse de l'ouverture. Une vieille femme, à la voix chevrotante, s'est décidée à ne pas ignorer le pauvre voyageur sur le perron. Immédiatement, le petit homme s'incline respectueusement, et entreprend de s'expliquer.  

Bonjour, je m'excuse de vous importuner à une heure si matinale. Je viens d'arriver en ville, et je me sens perdu. Je ne sais rien d'où je suis, ni comment je suis arrivé ici. J'aurais juste besoin de quelques indications s'il vous plait. Je ne vous dérangerai pas longtemps je vous l'assure.  

L'expression de la dame s'illumine, et un sourire énigmatique se déplie sur ses lèvres gercées. D'un signe de bras, elle l'invite à entrer, puis laisse ouverte derrière lui les portes grinçantes de la Mairie. A l'intérieur, un hall d’accueil très sobre et au mobilier d'un autre temps. Il s'assoit sur une chaise face au bureau de la personne âgée, et en profite pour laisser ses pupilles gambader dans son environnement. Des lampes de chevet à rideau, très à la mode dans les années cinquante, des chaises en velours certainement plus commercialisées de nos jours. Très peu de luminosité, à cause de la faible puissance de l'éclairage. Lorsque son attention se recentre sur son interlocutrice. Elle est immobile, silencieuse, scrutant les actions du jeune australien sans broncher.  

Dis moi jeune homme, quel est ton nom ?

Du tac au tac, il s'empresse de répondre.

Je me nomme Ismaël. Ismaël Haneul Sylwette.

La vieille dame parcourt ses dossiers, semblant frénétiquement vouloir mettre la main sur une fiche en particulier. Quand elle repose son paquet, et fait glisser sa chaise jusqu'à l'étagère sur sa gauche. Elle attrape une feuille de papier colorée, puis la repose dans la seconde. Avant de retourner devant lui. Ses mains se croisent, et sa voix se pare d'une intonation plus solennelle.

Bienvenue à Damned Town mon garçon. Ismaël c'est bien cela ? Bien joli prénom, je me demande bien d'où ça provient. Je ne peux pas trop t'expliquer comment tu es arrivé ici, je n'en sais trop rien. Cependant, je peux te dire une chose. Si tu es apparu en cette ville, c'est parce que tu as commis un péché. Je ne te demanderais pas de me le dire, il ne concerne que toi. Cependant, je me dois de te préciser que c'est à la mairie que tu trouveras toutes les informations nécessaires au bon déroulement de ta nouvelle vie.

Estomaqué. Le petit homme ne parvient pas à assimiler. Les informations énoncées par la vieille dame effondrent ses certitudes. Pendant plus d'une heure, il échange avec elle des questions réponses. Plus il en apprend, moins il en sait. Chaque nouvelle interrogation soulève des continents d'ombres. Dans quelle aventure s'est-il encore embarqué ? Il n'a rien demandé, il n'a jamais voulu arriver en cette ville. Est-ce un rêve ? Dans deux minutes, il se réveillera, au milieu de son lit d'hôpital, entouré de ses parents aimants. Il retrouvera sa chambre, son monde, son pays. Non, il ne rêve pas, les pincements répétés contre sa peau ne se traduisent qu'en douleur. Il ne va jamais se réveiller, car il est dans la réalité. Il ne peut pas s'échapper cette fois, il est piégé, piégé au milieu de Damned Town.

La secrétaire griffonne des lignes sur un bout d'agenda, et le tend vers Ismaël. Selon les explications, il doit rejoindre son appartement, localisé au bord de la plage, au premier étage d'une auberge. La plage, cette idée fait déjà du bien sans raison. Il vivra Au Cheval Blanc, établissement sur la rive, ouvert tous les jours sauf le lundi de six heures à vingt-deux heures. Il doit rencontrer la propriétaire, qui l'aidera à s'installer dans son nouveau logement. Sur les dernières indications de la vieille femme, dont l'itinéraire à suivre pour rejoindre destination, il se lève. De vives remerciements, et il quitte la mairie, l'esprit toujours en effervescence d'inquiétudes et d’anxiété. Il se demande ce que peut signifier cette incartade au sein de la ville : seconde chance tombée du ciel ou malédiction pour l'éternité ? Seul le temps nous le dira. En attendant, Ismaël, armé de sa couverture sable et de son petit bout de papier, les cheveux d'aurore ébouriffés par la brise, marche chaussures à la main d'un pas lent vers son nouveau-chez lui. Une nouvelle vie qui commence pour lui. Bon courage petit homme, tu risques d'en avoir besoin.

The small pieces guttered down darkly.
From my heart, a barren noise,
I don’t know if this is reality or a dream.

My Kafka on the seaside,
Don’t go to those woods over there.
My heart is still shattering on you.

It’s all free for you...

 
© 2981 12289 0

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Crédit pour l'image de base de l'avatar : © SnowyOwl119
 


이 모든 게 다 꿈인 것 같아

« Si le papillon s'est brûlé à la lumière, la lumière a connu les ailes du papillon et les a aimées. »
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